Plus de 4500 bancs-pupitres manquent à Burunga : des élèves obligés de partager jusqu’à 5 par siège

Plus de 4500 bancs-pupitres manquent à Burunga : des élèves obligés de partager jusqu’à 5 par siège

SOS Médias Burundi,

Burunga, 26 septembre 2025- Dans la commune élargie de Burunga, dans la province de Burunga au sud du Burundi, plus de 4500 bancs-pupitres manquent, obligeant jusqu’à 5 élèves à partager un seul siège. Ce déficit critique menace gravement les conditions d’apprentissage et pousse certains jeunes vers la rue ou l’exil.

Les écoles de la commune élargie de Rumonge, dans la province de Burunga au sud du Burundi, font face à un déficit alarmant de bancs-pupitres, selon des sources locales. Ce manque constitue un frein majeur à la politique du ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique, qui vise à ce qu’aucun enfant ne soit mal assis durant l’année scolaire 2025-2026.

Des conditions d’apprentissage difficiles

Dans certaines écoles, jusqu’à 4 à 5 élèves partagent un seul banc-pupitre, rendant l’apprentissage extrêmement compliqué. Les autorités communales reconnaissent que ces mauvaises conditions de travail des enseignants et des élèves contribuent à la baisse de fréquentation scolaire.

Impact social préoccupant

La commune de Rumonge, l’une des plus densément peuplées de la province, est à un carrefour critique. De nombreux jeunes abandonnent l’école au profit de la rue ou sont recrutés par des réseaux de passeurs, notamment en zone Kigwena. Ces réseaux facilitent le départ de mineurs vers des pays voisins comme la Tanzanie ou d’autres pays d’Afrique australe : la Zambie, le Mozambique, le Malawi ou l’Afrique du Sud, à la recherche de meilleures conditions de vie.

Exil des jeunes : symptôme d’un malaise profond

Une partie de la population estime que le Burundi est devenu difficile pour ceux qui ne sont pas membres du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, et même certains membres conscients de la situation choisissent de fuir vers d’autres pays de la Communauté Est-Africaine (EAC). Ce phénomène soulève des questions sur l’accès à l’éducation et le désespoir socio-économique qui touche une partie de la population.

Une jeunesse zélée au service du pouvoir

Une autre partie de la jeunesse, fidèle au CNDD-FDD, reste dans le pays et contribue à intimider la population, donnant l’impression que la situation est normale. Selon eux, le manque de carburant, d’eau potable, d’électricité, de produits Brarudi (Brasserie et Limonaderie du Burundi), d’engrais chimiques ou de médicaments n’est pas préoccupant tant que les armes restent silencieuses.

Ces jeunes inondent les réseaux sociaux pour donner l’image d’un pays qui va mieux, alors que dans les collines, la population manque de tout, et en ville, les habitants sont contraints de marcher à pied faute de transport public, la crise carburant venant de durer près de cinq ans dans la petite nation de l’Afrique de l’Est.

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Photo : Des élèves dans une classe bondée au Burundi. En province de Burunga, dans la commune de Rumonge, plus de 4500 bancs-pupitres manquent, obligeant jusqu’à cinq élèves à partager un seul siège et compromettant gravement les conditions d’apprentissage. © SOS Médias Burundi

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