Buhumuza : hygiène et cuisson en crise dans le camp de réfugiés congolais
SOS Médias Burundi
Buhumuza, 2 octobre- Depuis près de trois mois, les réfugiés du camp de Kinama font face à une pénurie persistante de savon, produit pourtant essentiel pour l’hygiène quotidienne. Cette situation découle de l’arrêt des activités de la coopérative Lamuka, financée auparavant par le HCR et gérée par de jeunes réfugiés du camp voisin de Musasa. Avec la réduction progressive de l’aide humanitaire, la coopérative a cessé sa production faute de financement.
Avant cette crise, Lamuka produisait jusqu’à 66 000 savons par mois, distribués aux réfugiés des camps de Kinama et Musasa. Chaque personne recevait alors quatre savons par mois.
Elisabeth, une réfugiée du camp de Kinama, exprime son désarroi :
« Sans savon, il est difficile de maintenir l’hygiène de ma famille, surtout avec des enfants. Aujourd’hui, un savon coûte 1 000 FBu sur le marché. C’est devenu un luxe. Nous utilisons au moins trois savons par jour, alors que l’assistance que nous recevons ne couvre même pas quatre jours de besoins. Nous ne savons plus comment faire pour rester propres. »
Une crise qui touche aussi la cuisson
La pénurie concerne également les briquettes de cuisson. En temps normal, chaque réfugié recevait 10 kg de briquettes par mois. En septembre, seules les personnes âgées, malades ou vivant avec un handicap ont pu bénéficier d’une petite quantité. Le reste de la population doit se débrouiller, dans un contexte de flambée des prix du charbon de bois.
Margaret, une autre réfugiée, témoigne :
« Le charbon de bois est devenu trop cher. Un sac coûte entre 30 000 et 50 000 FBu. Pour nous, qui dépendons uniquement de l’assistance alimentaire du PAM, c’est un casse-tête. Et si tu oses sortir du camp pour chercher du bois sur une parcelle de l’État ou chez un Burundais, tu risques une amende. Nous demandons au HCR de distribuer les briquettes à tous les réfugiés, pas seulement à certains. »
Appel à l’intervention du HCR
Sous couvert d’anonymat, un membre du comité des représentants des réfugiés dans un camp du nord du pays alerte :
« Cette situation met en péril la santé publique. Sans savon ni moyen de cuisson, les familles vivent dans des conditions très difficiles. Nous demandons au HCR de trouver de nouveaux bailleurs afin de rétablir les distributions régulières de savon et de briquettes. »
Le HCR, à travers son bureau d’Athènes Muyinga, a récemment informé les réfugiés qu’il a soumis ces problèmes au bureau national à Bujumbura. Des solutions pourraient être apportées dans les prochains jours.
Dans un contexte où l’hygiène est cruciale pour prévenir les maladies transmissibles, surtout dans des zones à forte densité humaine comme les camps de réfugiés, cette situation représente une urgence humanitaire.
Le camp de Kinama abrite plus de 8 000 réfugiés. Le Burundi compte plus de 100 000 réfugiés congolais, issus principalement de la province du Sud-Kivu à l’est du Congo.
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Photo : une réfugiée congolaise s’apprête à préparer le repas pour sa famille tandis qu’une autre lave son enfant dans un centre de transit pour réfugiés congolais au Burundi © SOS Médias Burundi
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