Crise en RDC : un premier accord trouvé entre l’AFC-M23 et Kinshasa
SOS Médias Burundi
Goma, 14 octobre 2025 — Après plusieurs semaines de pourparlers tendus, la République démocratique du Congo (RDC) et le mouvement rebelle du M23 ont franchi une étape majeure ce mardi 14 octobre à Doha, au Qatar.
Les deux délégations ont annoncé être parvenues à un accord sur la mise en place d’un mécanisme de vérification du cessez-le-feu, destiné à surveiller les hostilités dans l’est du pays, particulièrement dans les territoires du Nord-Kivu, où les affrontements se poursuivent malgré les appels à la trêve.
Ce sixième round des discussions, conduit sous facilitation qatarie, vise à établir un cadre technique de contrôle et à renforcer la confiance entre les parties, après l’échec des précédentes médiations régionales.
Selon plusieurs sources proches du dossier, le dispositif aura pour mission de documenter et signaler toute violation du cessez-le-feu, tout en servant de base à de futures discussions sur un retrait progressif des forces rebelles des zones occupées. Bien que le contenu détaillé du mécanisme ne soit pas encore rendu public, des observateurs diplomatiques estiment qu’il pourrait impliquer une participation conjointe d’experts internationaux, de représentants du gouvernement congolais et de pays facilitateurs, notamment le Qatar et certains membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).
Contexte de méfiance et enjeux régionaux
Cette avancée survient dans un contexte de grande méfiance entre Kinshasa et le M23, un mouvement suspecté d’être soutenu par le Rwanda.
Le M23, une ancienne rébellion tutsi ayant repris les armes fin 2021, reproche aux autorités congolaises de ne pas avoir respecté leurs engagements de réinsertion. Depuis le début de l’année, ses rebelles, affiliés à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), contrôlent plusieurs localités stratégiques riches en minerais dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que les chefs-lieux des deux Kivus.
Les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir le M23, tandis que des experts de l’ONU estiment que le Rwanda a déployé au moins 4.000 militaires pour appuyer les rebelles, ce que Kigali rejette catégoriquement.
Réactions et perspectives
La communauté internationale a salué cette entente prudente, tout en appelant à sa mise en œuvre rapide.
Le chef de la délégation congolaise a déclaré que Kinshasa « souhaite voir des actes concrets sur le terrain avant toute nouvelle concession », tandis que le porte-parole du M23 a affirmé que le mouvement « reste ouvert à une paix juste et équilibrée ».
Si cet accord venait effectivement à être appliqué, il pourrait constituer une première pierre vers la désescalade militaire dans une région ravagée par des décennies de guerre et d’instabilité.
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Photo : de gauche à droite : M. Sumbu Sita Mambu, représentant du gouvernement congolais, et M. René Abandi, représentant de l’AFC-M23, en train de signer l’accord de Doha pour le cessez-le-feu, ce mardi 14 octobre 2025. ©DR/SOS Médias Burundi
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