Kakuma (Kenya) : la faim et le désespoir nourrissent l’insécurité
SOS Médias Burundi
Kakuma, 3 novembre 2025 – Le camp de réfugiés de Kakuma, dans le nord-ouest du Kenya, fait face à une recrudescence du banditisme. Ce phénomène survient alors que le gouvernement kényan et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont introduit une nouvelle catégorisation sociale des réfugiés, limitant l’accès à l’aide humanitaire à certaines catégories jugées plus vulnérables.
Des coups de feu ont retenti dans la nuit de jeudi à vendredi dans la zone de Kakuma II. Selon plusieurs sources, la police poursuivait un groupe de bandits armés qui venaient de défoncer une boutique appartenant à un réfugié.
Une insécurité grandissante
Les habitants affirment que les cas de vol et d’agression se multiplient depuis plusieurs mois, aussi bien à Kakuma que dans son extension de Kalobeyei.
« Les voleurs emportent surtout des articles de boutique, des vêtements, des ustensiles de cuisine, des bouteilles à gaz ou encore de la nourriture », raconte un réfugié burundais, lui-même victime d’un cambriolage.
« Ils ont percé le mur de ma maison depuis l’arrière et ont tout pris. Même les cahiers de mes enfants ont disparu », ajoute-t-il.
La réduction de l’aide en cause
Selon plusieurs réfugiés, cette insécurité croissante serait liée à la réduction des rations alimentaires et à la nouvelle catégorisation introduite en juin dernier par les autorités kényanes et le HCR.
Ce système classe les réfugiés selon leur niveau de vulnérabilité : seuls ceux des catégories 1 et 2, jugés les plus vulnérables, reçoivent désormais une assistance complète. Les catégories 3 et 4, considérées comme moins vulnérables, voient leur aide considérablement réduite, voire suspendue.
« Le vol dans les ménages est devenu un danger quotidien. Beaucoup de ceux qui ne reçoivent plus d’assistance n’ont plus d’autre choix », explique un représentant communautaire.
« Nous demandons au HCR de revoir sa classification et d’accorder une aide égale à tous, car nous sommes tous des réfugiés démunis », ajoute-t-il.
Les autorités promettent des sanctions
La police et l’administration locales appellent les réfugiés au calme et condamnent fermement les actes de banditisme.
Elles promettent des mesures strictes pour rétablir la sécurité dans le camp.
« Des sanctions exemplaires seront infligées aux suspects et aux criminels afin de stabiliser le camp », ont déclaré des responsables de la sécurité.
Un camp sous tension
Le complexe de Kakuma et son extension de Kalobeyei accueillent actuellement plus de 250 000 réfugiés, dont environ 25 000 Burundais.
Mais la diminution de l’aide humanitaire, conjuguée au manque d’opportunités économiques, alimente un sentiment d’injustice et de frustration qui menace la stabilité de ce vaste camp situé dans une région déjà fragile.
_______________________________________________
Photo : Des femmes réfugiées manifestent leur colère face au manque d’eau potable dans le camp de Kakuma, au Kenya. Février 2025. © Fedel Wabenga
You might also like
Bwagiriza : une mère de trois enfants détenue par la police à cause de l’absence de son mari
Le vendredi 28 février 2025, la police, accompagnée de l’administration du Camp, a mené des fouilles dans cinq maisons de membres de la communauté Banyamulenge des quartiers 25 et 37.
Burundi-Tanzanie : rapatriement forcé de réfugiés sous tension, 82 millions de dollars encore manquants
SOS Médias Burundi Bujumbura, 5 mars 2026 — Le Burundi a présenté un plan ambitieux pour faciliter le retour et la réintégration des réfugiés, principalement depuis la Tanzanie. Depuis la
Tanzanie : l’ONU très préoccupée par des violations des droits de réfugiés burundais
Des experts des droits de l’homme des Nations Unies ont rendu public un rapport sur la situation des droits des réfugiés burundais vivant en Tanzanie. Ils déplorent des cas de
