Sange : Plus de 30 morts après une explosion meurtrière au cœur de la cité
SOS Médias Burundi
Bukavu, 7 décembre 2025- Plus de trente personnes ont été tuées dimanche soir dans la cité de Sange, au Sud-Kivu, après l’explosion d’une bombe survenue en pleine zone habitée, alors que les forces congolaises — appuyées par l’armée burundaise et des miliciens Wazalendo — subissent une pression croissante dans la plaine de la Rusizi.
Selon plusieurs témoignages, la déflagration est survenue après des affrontements internes entre soldats des FARDC. Un groupe de militaires congolais revenant du front et tentant, selon des témoins, de fuir vers Uvira, aurait été stoppé au pont de Sange par un autre détachement FARDC. L’échange de tirs aurait dégénéré jusqu’au lancer d’un explosif, qui a explosé au centre de la cité.
Le bilan provisoire fait état d’au moins 7 militaires burundais, 7 civils, ainsi qu’un nombre encore indéterminé de soldats congolais et de miliciens Wazalendo tués.
Un habitant décrit une scène de chaos : « La bombe a explosé en plein centre. Parmi les morts, il y avait des Burundais, des éléments-FARDC, des Wazalendo et des civils. »
L’explosion a plongé la population dans la panique, alors que la région est déjà secouée par l’avancée du M23, qui s’est récemment emparé de plusieurs localités stratégiques : Katogota, Luvungi, Bwegera, Luberizi et Mutarule.
Un haut gradé burundais tué dans les combats
Lors de ces affrontements qui se sont intensifiés depuis le lundi 1er décembre, l’armée burundaise a perdu le premier haut gradé depuis son intervention officielle à l’est du Congo en mars 2023.
Il s’agit du lieutenant-colonel Athanase Minani. Plusieurs autres jeunes officiers ont également été tués.
Un nouvel exode massif
Face à la dégradation rapide de la situation, des milliers de familles fuient vers Kiliba, Runingu, Uvira ou traversent la frontière pour chercher refuge au Burundi.
Selon les Nations unies, la guerre qui s’éternise depuis trois décennies dans l’est du Congo a poussé plus de 7 millions d’habitants à fuir leur foyer et causé la mort de plusieurs milliers de civils.
Un conflit régional aux ramifications profondes
Ces incidents surviennent alors que la RDC et le Rwanda ont signé jeudi à Washington un accord sous médiation américaine visant à réduire les tensions régionales. Le conflit reste néanmoins complexe. Le M23, une ancienne rébellion tutsi reprise en 2021, combat les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par plus de 10 000 soldats burundais et les milices locales Wazalendo.
Lire aussi :
Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le M23, désormais affilié à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), un mouvement politico-militaire hostile aux autorités congolaises et dirigé par l’ancien président de la CENI, Corneille Nangaa, qui plaide pour « un État fédéral ». Kigali rejette fermement ces accusations.
Le Rwanda accuse en retour la RDC et le Burundi de soutenir les FDLR, un groupe hutu rwandais opérant dans l’est du Congo et accusé d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994. L’accord de Washington prévoit notamment le désarmement de ces combattants, que le président Félix Tshisekedi décrit comme « une force résiduelle ».
Des experts onusiens — qualifiés d’« imposteurs » par Kigali — affirment que le Rwanda a déployé environ 6 000 militaires pour soutenir le M23.
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Photo : un jeune garçon fuit vers une zone jugée plus sûre dans la province du Nord‑Kivu alors que les violences persistent. Dans la province voisine du Sud‑Kivu, une explosion a visé la cité de Sange, faisant plusieurs victimes et aggravant l’insécurité dans la région © SOS Médias Burundi
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