Butanyerera : l’épidémie de rouget porcin paralyse la filière porcine dans la commune de Kiremba

Butanyerera : l’épidémie de rouget porcin paralyse la filière porcine dans la commune de Kiremba

SOS Médias Burundi

Ngozi, 11 février 2026 – Une épidémie de rouget porcin frappe depuis le mois de janvier plusieurs zones de la commune de Kiremba, en province de Butanyerera, dans le nord du Burundi. Cette maladie animale, hautement contagieuse, a déjà provoqué la mort de nombreux porcs et entraîné de lourdes pertes économiques chez les éleveurs locaux. Face à la rapidité de sa propagation, les autorités administratives, en collaboration avec les services vétérinaires, ont pris des mesures strictes pour tenter d’enrayer la situation.

Parmi ces mesures figure l’interdiction formelle de la vente et de l’abattage des porcs sur toute l’étendue de la commune, et ce jusqu’à nouvel ordre. Seuls quelques cas exceptionnels peuvent être autorisés après une inspection rigoureuse des services vétérinaires. Cette décision, bien que nécessaire sur le plan sanitaire, a eu des répercussions immédiates sur la disponibilité de la viande de porc.

La viande de porc est devenue rare, voire totalement absente, dans plusieurs petits centres de Kiremba. Bars, restaurants et lieux de rencontre qui dépendaient fortement de cette viande à bas prix sont aujourd’hui contraints de s’en passer, au grand désarroi des consommateurs.

Les éleveurs de porcs de Kiremba figurent parmi les plus touchés par cette crise. Manirakiza, l’un d’eux, témoigne des dégâts causés par la maladie dans sa porcherie :

« Le rouget des porcs est apparu brusquement dans ma porcherie. J’ai perdu deux porcs et dix porcins que j’estimais à un million deux cent mille francs burundais. Ces porcs me fournissaient également du fumier pour mes champs ; aujourd’hui, c’est une perte totale, à la fois financière et agricole », explique-t-il.

L’absence de viande de porc bouleverse également les habitudes des consommateurs, notamment dans les bars et les petits centres de rencontre.

« J’aimais la viande de porc parce qu’une brochette coûtait seulement 2 000 francs burundais. Chaque soir, aux bars de la colline de Gakeri, je prenais une brochette avec de l’urwarwa (bière de banane locale). Aujourd’hui, nous buvons seulement l’urwarwa sans brochette. La chèvre est trop chère ; je préférais le porc », confie Sindinkabo, un habitant de Kiremba.

Un vétérinaire intervenant dans l’une des zones de la commune de Kiremba, s’exprimant sous couvert d’anonymat, précise que le rouget porcin est une maladie bactérienne favorisée notamment par le manque d’hygiène, les déplacements incontrôlés des animaux et le contact entre porcs malades et porcs sains.

« Les symptômes les plus fréquents sont une forte fièvre, une perte d’appétit, des rougeurs sur la peau, des difficultés à se déplacer à cause de douleurs articulaires et parfois une mort subite. Nous recommandons à la population d’éviter toute vente clandestine, d’isoler les porcs malades, de désinfecter régulièrement les porcheries et de signaler rapidement tout cas suspect aux services vétérinaires », indique-t-il.

En attendant la maîtrise complète de la situation sanitaire, les autorités locales appellent les éleveurs et les commerçants au respect strict des mesures édictées afin de limiter la propagation de la maladie et de protéger durablement la filière porcine dans la commune de Kiremba.

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Photo : Un éleveur de porcs dans sa porcherie à Gitega, au centre du Burundi, représentant la situation critique des éleveurs à Kiremba, province de Butanyerera, touchée par l’épidémie de rouget porcin. © SOS Médias Burundi

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