Kirundo–Busoni : une seule chambre froide pour près d’un million d’habitants, un défi sanitaire alarmant
SOS Médias Burundi
Kirundo, 27 mars 2026 — Dans le nord du Burundi, les communes de Kirundo et Busoni, aujourd’hui rattachées à la province de Butanyerera, font face à une situation préoccupante : une seule chambre froide pour une population estimée à près d’un million d’habitants.
La morgue de l’Hôpital de Kirundo, seule infrastructure fonctionnelle dans la zone, est régulièrement saturée.
« Il arrive souvent que toutes les cases soient occupées. Nous sommes obligés de demander aux familles d’attendre qu’un autre corps soit retiré pour pouvoir accueillir le leur », confie un membre du personnel soignant sous anonymat.
Des familles contraintes d’agir dans l’urgence
Face à cette saturation, les familles endeuillées se retrouvent dans des situations difficiles. Certaines sont contraintes de laisser les dépouilles à la morgue pendant plusieurs jours, en attendant une place disponible.
« Nous n’avons pas les moyens d’aller jusqu’à Ngozi pour chercher une autre chambre froide. Alors, nous sommes obligés d’organiser rapidement l’enterrement, même si nous ne sommes pas prêts », témoigne un habitant de Busoni.
Dans les cas les plus critiques, lorsque la morgue est totalement pleine, les corps peuvent commencer à se dégrader.
« Si les familles tardent et qu’il n’y a plus de place, la dépouille commence à dégager une mauvaise odeur. C’est une situation très pénible, autant pour les proches que pour le personnel », ajoute un agent hospitalier.
Le manque d’infrastructures en cause
Le personnel médical tire la sonnette d’alarme et appelle à des solutions durables. Parmi les priorités évoquées figurent l’extension de la morgue existante et la construction d’une nouvelle chambre froide à l’Hôpital de Mukenke.
« L’élargissement de la morgue de Kirundo est indispensable, mais il faut aussi rapprocher les services des populations de Busoni. Une chambre froide à Mukenke permettrait de désengorger considérablement la situation », souligne une autorité sanitaire locale.
Les coupures d’électricité aggravent la crise
À cette insuffisance d’infrastructures s’ajoute un autre défi majeur : les coupures répétées d’électricité. Celles-ci compromettent le bon fonctionnement de la chambre froide et obligent l’hôpital à recourir à un groupe électrogène.
« Dans ces conditions, nous utilisons un groupe électrogène plus puissant, qui consomme plus de 20 litres de carburant par heure. Avec la pénurie actuelle, cela devient extrêmement difficile à soutenir », explique un responsable administratif de l’hôpital.
Un appel urgent aux autorités
Face à cette situation critique, les professionnels de santé et les populations locales lancent un appel pressant aux autorités compétentes.
« La dignité des défunts et le respect des familles doivent être une priorité. Il est urgent d’investir dans des infrastructures adaptées pour répondre aux besoins de la population », insiste un cadre de santé.
Alors que la population continue de croître dans cette région du nord du Burundi, la question des infrastructures mortuaires s’impose désormais comme un enjeu sanitaire et humain majeur.
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Kirundo et Busoni (Burundi) — Illustration : représentation neutre d’une morgue, reflétant la rareté des chambres froides dans la région. © SOS Médias Burundi
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