Mpanda : des accusations d’accaparement de l’eau par des Imbonerakure plongent les riziculteurs dans le désarroi
SOS Médias Burundi
Mpanda, 25 juin 2026 – Les cultivateurs de riz du périmètre rizicole de Mpanda et des zones environnantes, gérés par la Société régionale de développement de l’Imbo (SRDI), en province de Bujumbura, à l’ouest du Burundi, font face à une grave pénurie d’eau durant la saison culturale B, qui connaît actuellement une prolongation inhabituelle. Cette situation compromet fortement les perspectives de récolte dans cette zone agricole considérée comme stratégique.
Selon le président de la coopérative des riziculteurs de Mpanda, les pertes attendues pourraient être importantes. Sur environ 20 hectares plantés, moins de la moitié des superficies pourraient arriver à maturité en raison du déficit hydrique qui affecte les cultures.
« La situation est très préoccupante. Une grande partie des champs ne reçoit pas suffisamment d’eau. Si rien ne change, la récolte sera largement inférieure aux attentes », confie-t-il.
Au-delà des contraintes climatiques, les riziculteurs dénoncent également des pratiques locales de distribution de l’eau qu’ils jugent inéquitables. Ils accusent un groupe de membres des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti CNDD-FDD, d’intervenir dans la gestion de l’eau d’irrigation en favorisant certains exploitants au détriment d’autres.
Selon plusieurs cultivateurs, ces pratiques auraient contribué à aggraver la pénurie d’eau dans les parcelles les plus éloignées des canaux principaux. Certains affirment que seuls les producteurs disposant de moyens financiers ou de relations influentes parviendraient à obtenir un accès régulier à l’eau.
« Nous avons l’impression que la distribution de l’eau n’est plus équitable. Certains champs sont bien irrigués, tandis que d’autres restent totalement secs », déplore un riziculteur.
Contactée à ce sujet, la direction de la SRDI reconnaît que la saison sèche actuelle entraîne une baisse significative du débit de la rivière Gifugwe, principale source d’alimentation du périmètre irrigué. Elle estime toutefois que la gestion de la distribution de l’eau devrait relever de l’administration locale, appelant à une meilleure organisation sur le terrain.
Selon une source au sein de la SRDI, certaines irrégularités dans la distribution de l’eau seraient liées à des interventions extérieures au dispositif officiel de gestion, nécessitant un encadrement plus strict afin de garantir l’équité entre les exploitants.
Face à cette situation, les riziculteurs plaident pour des mesures urgentes visant à renforcer l’approvisionnement en eau, notamment par l’augmentation du débit acheminé vers les canaux d’irrigation. Ils redoutent que le déficit hydrique observé depuis plusieurs semaines n’entraîne des pertes irréversibles.
Dans cette zone agricole, plusieurs producteurs se disent déjà peu optimistes quant à l’issue de la saison, estimant que leurs champs ont subi trop de stress hydrique pour espérer une récolte satisfaisante.
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Photo : Une Burundaise dans un champ rizicole du nord du Burundi. Dans la province de Bujumbura, à l’ouest du pays, le manque d’eau compromet les cultures et fait craindre d’importantes pertes agricoles aux riziculteurs. © SOS Médias Burundi
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