Covid-19: du confinement au cachot
Quatre personnes sont détenues depuis hier dans un cachot de la police à Kobero, en commune de Butihinda, dans la province de Muyinga (nord-est du Burundi). Elles ont été arrêtées par la police locale pour n’avoir pas pu trouver les frais d’hôtel après deux semaines de confinement. Leurs familles dénoncent des conditions inhumaines dans lesquelles elles sont détenues et exigent leur libération. ( SOS Médias Burundi)
Trois des quatre personnes sont d’une même famille: Il s’agit d’un homme de 66 ans, de sa femme âgée de 57 ans et de leur fils de 38 ans.
Le quatrième individu est un homme de 37 ans.
D’après nos informations, ils sont détenus dans des conditions déplorables. « Ils partagent une cellule d’un mètre sur deux. Partageant une seule toilette à l’intérieur de ce cachot, ils n’ont pas pu manger jusqu’à hier soir. Le responsable de ce lieu de détention a même refusé l’accès à un bienfaiteur qui leur avait apporté de la nourriture. C’est de l’arbitraire », a indiqué un proche des trois individus issus d’une même famille.
Les familles des concernés disent qu’ils n’étaient pas informés de la mesure du gouvernement de mettre en quarantaine des personnes en provenance des pays de la sous région. » Ils ont appris l’existence de la mesure à la frontière. Ils étaient partis au Kenya pour enterrer un proche et n’avaient sur eux que le ticket retour. Ils n’ont rien pour s’acquitter de ces frais d’hôtel », affirment-elles.
En raison de dix mille francs burundais par jour, les quatre individus devraient verser cinq cent soixante mille francs burundais pour être libérés.
Jusqu’à hier, plus de cinq cent personnes étaient placées en quarantaine dans la seule province de Muyinga, selon nos informations.
Dans cette province frontalière avec la Tanzanie, les passagers arrivent des pays de la sous région comme le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie.
Les moins aisés sont gardés dans un centre d’enseignement de métier en commune de Giteranyi où ils mangent une fois par jour. La ration est distribuée par l’autorité locale.
Non loin de la frontière, trois hôtels ont été choisis pour accueillir des candidats au confinement.
La semaine dernière, l’organisation internationale Human Rights Watch qui défend les droits humains avait sorti un rapport dans lequel elle mettait en garde contre » toute tentative de dissimulation du Covid-19″. « Il est d’une importance capitale que les autorités garantissent un accès sans restriction aux organisations humanitaires en ces temps de crise.
Le gouvernement burundais doit protéger la santé et le bien-être des personnes et toute intervention doit être conforme aux normes de droits humains internationales », a indiqué Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch.
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