Matana : la police abat trois hommes au domicile d’un EX-FAB

Matana : la police abat trois hommes au domicile d’un EX-FAB

La police est intervenue au domicile de Pascal Ninganza (Kaburimbo), un retraité ex-Fab* sur la colline de Rubanga, zone et commune de Matana (province de Bururi). La police a ordonné et supervisé l’inhumation des trois hommes. Sur Twitter, la police burundaise a parlé du « démantèlement d’une bande de criminels ». (SOS Médias Burundi)

D’après différentes sources, la police burundaise avait bouclé le secteur dès mardi soir avant de déclencher son opération.

Les policiers lourdement armés ont encerclé les ménages de Kaburimbo, Fidèle Nduwimana et Thomas Ndikumana. Vers 5h du matin, ils ont ouvert le feu sur trois personnes à l’intérieur de la parcelle de Kaburimbo.

Sources concordantes

Inhumations ordonnées

Mais d’autres habitants affirment que la police s’est heurtée à une résistance. Il y a eu des échanges de tirs, selon eux. Le reporter de SOS Médias Burundi a recueilli des témoignages. Ces derniers attestent que la police s’est chargée de l’inhumation des trois hommes. « Elle a payé des gens pour creuser les tombes dans un cimetière local », racontent des témoins.

Trois autres personnes dont deux voisins de Kaburimbo ont été interpellées. Elles sont détenues au commissariat communal de la police.

Tête mise à prix

En septembre 2019, le président du sénat Reverien Ndikuriyo avait mis à prix la tête de Kaburimbo. Dans un enregistrement audio, il avait avoué avoir promis une récompense de cinq millions de FBU (environ 2 500 dollars).

Il faut comprendre qu’une seule personne ne peut se permettre de perturber la sécurité de toute une population. Elle doit être éliminée. Ensuite, il nous reste à demander à Dieu s’il s’agit d’un péché quand on protège ses brebis. Pour des questions de sécurité nationale, il faut être prêt à tout.

Reverien Ndikuriyo

Protection et entrainement de rebelles

Les forces de l’ordre soupçonnaient cet ancien militaire de loger des rebelles et de dispenser un entraînement militaire à des « insurgés » dans la localité. Matana figure parmi les rares zones rurales où l’on a manifesté contre le troisième mandat controversé du président Nkurunziza en 2015.

À l’époque, SOS Médias Burundi avait appris d’habitants que Kaburimbo avait échappé à l’assaut des forces de l’ordre et s’était exilé avec sa famille. Un habitant a toutefois affirmé hier qu’il était parmi les personnes tuées, ce qui a également été confirmé par une source policière.

* Forces Armées Burundaises avant l’intégration de mouvements armés

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