Élections : la police accuse le parti CNL de commettre des bavures


La police affirme que le parti CNL se rend coupable d’abus différents durant cette période de campagne. Elle accuse les membres de ce parti principal d’opposition de « tentative d’enlèvement de leurs opposants et de coups et blessures ». Le porte-parole du CNL estime que la police est manipulée par le parti au pouvoir. (SOS Médias Burundi)

Au troisième jour de la campagne électorale, la police a tenu une conférence de presse où elle a dressé un bilan positif en général. Mais son porte parole est revenu sur des incidents qu’il a qualifiés d’inacceptables. « Nous déplorons des cas de méconduite des membres du CNL notamment le jour du lancement de la campagne de ce parti à Ngozi. Les membres du CNL ont enlevé et torturé 7militants du parti CNDD-FDD et l’un d’entre eux a failli être assassiné n’eut été l’intervention de la police », a indiqué Pierre Nkurikiye.

Il a également accusé le leader du CNL, Agathon Rwasa de tenir des propos d’incitation à la révolte. « Nous déplorons que le leader du CNL, sous une forme voilée a appelé ses militants à user de la violence en leur demandant de s’attaquer aux militants du camp adverse alors qu’on a toujours sensibilisé de ne pas se faire justice » a poursuivi M. Nkurikiye.

Les propos évoqués ont été tenus lundi dernier à Ngozi (nord du Burundi). « J’ai appris ce qui a été annoncé à Busiga la semaine dernière, que les gens ne sont pas autorisés d’aller dans les meetings avant qu’ils ne terminent leurs travaux champêtres. Aucun officiel ne nourrit vos familles, c’est à vous de vous organiser. Je l’évoque parce que demain ou après demain ils vont en faire une loi et déployer des Imbonerakure pour vous empêcher de participer à la campagne. Excellences responsables de la sécurité, si demain nos membres affrontent des Imbonerakure qui les bloquent d’aller dans des meetings, ne dites pas que ce sont des CNL qui sont mauvais. Je l’assume », a lancé Agathon Rwasa sous les applaudissements d’une grande foule de ses militants.

Après la déclaration de la police, SOS Médias Burundi a cherché la réaction du CNL. »Nous sommes les enfants mal aimés par le pouvoir. Ce n’est pas nouveau. La police nous traite toujours comme des voyous mais protège nos agresseurs. Nous sommes de simples démocrates pourchassés par le parti au pouvoir et ses jeunes affiliés. C’est la routine, ils ne veulent pas entendre de nous », a rétorqué Therence Manirambona, porte parole du CNL.