Burundi- Tanzanie: le sous sol burundais convoité par la Tanzanie


C’est du moins l’un des principaux points qui ont été discutés ce samedi dans un tête à tête entre les présidents burundais et tanzanien. Évariste Ndayishimiye était en visite d’une journée à Kigoma en Tanzanie où il a été reçu par son homologue John Pombe Magufuri. La question du rapatriement des réfugiés burundais installés dans différents camps qui se trouvent dans la région de Kigoma a été aussi abordée. (SOS Médias Burundi)

Du commerce à la diplomatie en passant par la sécurité, l’agriculture et le commerce transfrontalier, les deux chefs d’État ont abordé plusieurs sujets.

“Le commerce burundais dépend énormément de la Tanzanie. Plus de 95% des marchandises vendues au Burundi passent par le port de Dar-Es-Salaam. Et depuis 2006, le budget du commerce transfrontalier est passé de plus de cent millions de dollars à plus de deux cents millions jusqu’à la fin de 2019. Plusieurs entreprises burundaises opèrent ici en Tanzanie, de même les nôtres sont implantées au Burundi. Nous devons accroître cette économie ensemble”, a indiqué le président Magufuli en guise de bienvenue à son homologue burundais.

Le sous sol burundais intéresse aussi la Tanzanie.

“Ici à Kigoma, nous avons construit des comptoirs de transformation du Nickel. Nous voulons que le Nickel du Burundi passe par ici car, nos deux pays exploitent ce minerai. Nous voulons aussi que l’or ainsi que d’autres minerais du Burundi transitent par nos comptoirs et guichets à Kigoma.
Ainsi, nous allons avoir des devises à partager », a insisté M.Magufuli.

Le Burundi est d’accord

“Nous avons discuté de tous ces projets de développement y compris les infrastructures transfrontalières dont les chemins de fer reliant la Tanzanie et le Burundi, la vente de l’or et du Nickel, l’agriculture et l’élevage. Nous nous sommes mis d’accord sur tous les points et avons donné des injonctions aux ministres concernés d’entrer directement en contact le plus vite possible pour concrétiser ces affaires”, a indiqué le président Évariste Ndayishimiye, lisant le communiqué final de la rencontre.

Sécurité des réfugiés

“Nous nous sommes
convenus de renforcer la sécurité sur nos frontières et ainsi sécuriser notre région. En ce qui concerne les réfugiés burundais, j’ai dit au président Magufuli que la paix, la sécurité et la tranquillité sont revenues au Burundi et que même d’autres Burundais sont en train de rentrer. Donc, que ceux qui se retrouvent en Tanzanie rentrent aussi”, a souligné M. Ndayishimiye.

Évariste Ndayishimiye et John Magufuli, ce samedi à Kigoma: photos présidence du Burundi

Le chef d’État tanzanien est aussi de cet avis. “Il n’y a aucune raison de parler de réfugiés aujourd’hui. Ces Burundais doivent rentrer consolider la paix et développer leur pays. La stabilité est déjà là et voilà même que leur président est venu les appeler au retour volontaire. Nous allons les accompagner”, a indiqué au sujet des réfugiés celui qui est surnommé Bulldozer.

C’est la première visite qu’Évariste Ndayishimiye effectue en dehors de son pays après son élection contestée en mai dernier.
Le choix de la Tanzanie n’est pas surprenant. Ce pays lui a accueilli du temps de la guerre civile. C’est également le seul pays que feu Pierre Nkurunziza a visité durant les cinq dernières années de son régime en 2017, deux ans après avoir échappé à un putsch au moment où il était en visite officielle dans le même pays.

La Tanzanie abrite encore plus de 164.000 réfugiés burundais installés dans trois camps. Ils ont fui la crise déclenchée par un autre mandat controversé de feu Pierre Nkurunziza en 2015.