Busoni : le responsable du CDFC vit en cachette

Busoni : le responsable du CDFC vit en cachette

Jean Marie Nsengiyumva, responsable du centre de développement familial et communautaire (CDFC) en commune de Busoni dans la province de Kirundo (nord du Burundi) est en cavale depuis le week-end dernier. Des autorités provinciales à commencer par le chef de province lui reprochent de freiner le mouvement de rapatriement des réfugiés. L’intéressé qui est lui-même déplacé fait partie d’un comité de gens qui accueillent des rapatriés transférés d’un site de transit vers leur colline d’origine quand ils arrivent pendant la nuit ou les heures de service. M. Nsengiyumva nie les allégations. (SOS Médias Burundi)

L’affaire qui a conduit Jean Marie Nsengiyumva à fuir sa localité remonte à vendredi soir dernier. L’homme qui est en même temps déplacé intérieur vivant dans le site de Burara en commune de Busoni est victime d’une irrégularité qu’il a constatée sur une fiche de remise et reprise des réfugiés.
Il avait été mandaté par l’administration communale pour recevoir des rapatriés transférés sur leur colline d’origine après un séjour dans le site de Kinazi basé dans la province voisine de Muyinga( nord-est). Il le faisait pour des anciens réfugiés qui arrivent après les heures de service ou pendant la nuit.

Que s’est-il passé le 5 mars?

Cette nuit-là, M. Nsengiyumva a remarqué des irrégularités sur le manifeste qu’il est habitué à remplir. Il a partagé ses inquiétudes aux agents de la direction générale en charge du rapatriement et à des employés du HCR. D’habitude, le concerné doit signer sur un document attestant le nombre de personnes accueillies. Mais on doit lui laisser un manifeste retour de réfugiés, ce qui n’a pas été le cas. Il a signé sur la déclaration mais a spécifié qu’il s’oppose à la procédure.

Le lendemain, le directeur général en charge du rapatriement s’est rendu à Busoni. Il s’en est pris à M. Nsengiyumva dans son discours. « Il a affiché un comportement indigne à l’encontre de nos agents. Il est allé jusqu’à les menacer de les mettre en détention. Il faut qu’il soit puni exemplairement car il s’oppose à la politique de rapatriement », a-t-il accusé.

Mais le concerné, joint par téléphone nie les allégations. « Je ne suis pas contre le rapatriement des réfugiés. Et je l’ai déjà signifié aux autorités administratives. Je n’ai aucun moyen pour freiner ce mouvement et tout le monde sait que
j’exécute ma mission comme il se doit », se défend-il.

Des fonctionnaires à Kirundo le soutiennent. « Les agents de la direction générale en charge du rapatriement n’ont pas digéré le fait qu’il se soit exprimé. Eux sont intéressés seulement de voir un grand nombre de réfugiés rentrer. Ils ne considèrent pas les erreurs, pourvu que des réfugiés rentrent », expliquent-ils.

Plusieurs autorités provinciales à commencer par le chef de province ainsi que des commerçants proches du CNDD-FDD qualifient aujourd’hui l’homme en cavale d’opposant au programme et à la politique du gouvernement et réclament qu’il soit poursuivi par la justice. Des sources proches de l’administration communale à Busoni quant à elle dénoncent « une injustice dans la gestion de l’affaire ».

La famille de Jean Marie Nsengiyumva, elle exige la levée de probables sanctions.

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Photo : chef-lieu de la commune Busoni

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