Gitega : maintien en détention d’un homme qui a des troubles mentaux pour sa sympathie aux putschistes

Gitega : maintien en détention d’un homme qui a des troubles mentaux pour sa sympathie aux putschistes

Emmanuel Ntakiyiruta,ingénieur de formation, 58 ans a comparu pour la deuxième fois devant l’officier de police judiciaire (OPJ) ce lundi. Il est reproché à cet homme en détention depuis le 4 mars d’avoir demandé la libération immédiate des putschistes dont l’ex général Cyrille Ndayirukiye,numéro deux dans le coup d’État raté du printemps 2015. Des membres de sa famille disent avoir saisi la commission nationale indépendante des droits de l’homme au Burundi. (SOS Médias Burundi)

La toute première question de l’officier de police judiciaire à l’endroit de ce cadre du département de la protection des végétaux au ministère en charge de l’environnement aura prouvé que le prévenu présente des troubles mentaux, selon sa famille. « Question de l’OPJ : prouver comment des dirigeants du CNDD-FDD sont des auteurs de graves violations massives des droits de l’homme en l’occurrence des criminels ? Réponse du prévenu : je ne peux pas répondre à cette question d’autant plus qu’il n’existe pas une police professionnelle et républicaine au Burundi ».

L’OPJ instructeur n’a pas reçu d’autres explications du prévenu. Les propos qui font objet de l’interrogatoire, Emmanuel Ntakiyiruta les a prononcés le 4 mars devant la prison centrale de Gitega où les putschistes purgent une peine d’emprisonnement à vie. Il a crié devant l’entrée principale de cette maison d’arrêt que ce sont plutôt les dirigeants issus du CNDD-FDD qui devaient être emprisonnés les qualifiant de « criminels ».

Les proches de M. Ntakiyiruta regrettent que le séjour prolongé dans le cachot a aggravé la maladie. Ils disent avoir soumis l’affaire à la commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH) mais que la réponse des responsables de l’antenne de Gitega n’est pas du tout satisfaisante. « Ils nous ont plutôt intimidés en quelque sorte car ils nous reprochent de continuer d’injurier les institutions étatiques. Pour nous, il s’agit ni moins ni plus d’une forme de menace car ils nous disent d’aller éduquer le nôtre », déplorent des proches de Ntakiyiruta.

Même s’ils restent pessimistes, la commission leur à promis qu’elle va se pencher sur le dossier.

Emmanuel Ntakiyiruta est sous traitement d’une injection mensuelle d’Haldol( un antipsychotique) au centre des soins mentaux de Gitega.

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Photo : Emmanuel Ntakiyiruta /DR

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