Presse : des journalistes qui ont fui la persécution au Burundi obligés de fermer au Rwanda
Les radios Inzamba, RPA (Radio Publique Africaine) et la radio-télé Renaissance ont annoncé ce mercredi après-midi la suspension de leurs programmes. Les directeurs des trois médias burundais en exil parlent de « raisons indépendantes de leur volonté ». Depuis la destruction de médias indépendants à la suite du coup d’État raté du printemps 2015, les journalistes de ces médias travaillaient depuis le Rwanda voisin. (SOS Médias Burundi)
C’est dans un bref communiqué que les trois médias ont annoncé de façon surprise l’arrêt des programmes de leurs médias. « Les médias Inzamba, RPA et Télé Renaissance annoncent à leurs fidèles auditeurs et au public qu’ils interrompent à partir de ce 24 mars 2021 pour des raisons indépendantes de leur volonté. La suite sera communiquée ultérieurement », ont écrit respectivement Innocent Muhozi, Bob Rugurika et Alexandre Niyungeko, successivement directeurs des trois médias.
Un des responsables des trois médias a indiqué à notre rédaction que les directeurs ont été signifiés » physiquement » par les autorités rwandaises qu’ils doivent suspendre leurs programmes.
Notre source parle d’une mesure prise à haut niveau. « C’est une mauvaise nouvelle même si on s’y attendait », a réagi un des plus expérimentés journalistes des trois médias.
Estimés à plus de quatre-vingt-dix, les journalistes qui travaillaient pour les trois médias proviennent pour la plupart des médias indépendants détruits au lendemain du coup d’État manqué du 13 mai 2015 contre feu président Pierre Nkurunziza.
Depuis l’arrivée du président Évariste Ndayishimiye au pouvoir en juin 2020, plusieurs efforts de rapprochement entre le Burundi et le Rwanda ont été consentis. Le Burundi a clairement signifié à l’émissaire des Nations-Unies pour la région des grands lacs d’Afrique que parmi les préalables pour une renormalisation des relations avec son voisin du nord figure la fermeture des médias en exil émettant depuis son sol. « La plus importante monnaie d’échange », commente un observateur.
Les médias qui viennent de suspendre leurs programmes étaient largement suivis sur les réseaux sociaux par les Burundais se trouvant au pays (clandestinement) et la diaspora burundaise.
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Photo : les généraux Cyrille Ndayirukiye et Godefroid Niyombare, respectivement numéros deux et un dans le coup d’État raté de mai 2015 dans un studio de la RPA,le 13 mai 2015. Crédit photo : Jean-Pierre Aimé Harerimana
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