Nakivale (Ouganda) : une réfugiée vivant avec handicap qui fait vivre sa famille
Jacqueline K. se déplace sur une chaise roulante. Elle a fui le Burundi en 2015. Elle vit depuis dans le camp de Nakivale en Ouganda. Même si ses membres inférieures ont été attaqués par une maladie qui est à la base de son handicap, c’est bien elle qui subvient aux besoins de sa famille grâce à des revenus qu’elle tire de la couture. (SOS Médias Burundi)
Assise sur une chaise roulante, Jacqueline témoigne. “J’ai failli être tuée par des jeunes Imbonerakure qui m’ont tabassée pour avoir refusé d’adhérer à leur idéologie », se souvient-elle.
Elle dit avoir pris la décision de fuir les jours qui ont suivi l’agression. C’est comme ça qu’elle s’est retrouvée dans le camp de Nakivale en Ouganda.
Depuis l’exil, elle se démène pour nourrir sa famille. “Même si je suis handicapée je devais nourrir ma famille qui n’avait plus rien. Alors je me suis rappelée que je suis couturière, un métier que j’ai appris au Burundi”, explique celle qui ne peut pas bien marcher, à cause de son infirmité au niveau des jambes.
Elle a dû chercher comment se procurer une machine à coudre. “Un âme charitable m’a offerte une machine à coudre. Pour le moment, je gagne tant bien que mal ma vie, et je parviens à nourrir ma famille qui est composée de sept personnes”, dit-elle avec fierté.
Elle ajoute qu’elle compte agrandir son atelier pour vendre plus de pagnes si les moyens le lui permettent. “Je voudrais saisir cette opportunité pour remercier toute personne de près ou de loin qui a contribué à la réussite de ma lutte pour gagner la vie. Mais j’ai encore besoin de soutien”, a insisté cette Burundaise qui ne supporte pas les gens qui mendient.
“Les personnes handicapées sont comme les autres êtres humains à part qu’elles ne peuvent pas faire les travaux qui exigent beaucoup de force physique au même titre que les autres . Mais mentalement, nous sommes habiles et nous nous adaptons très facilement aux métiers. Que ces gens cherchent des métiers à faire au lieu de se déshonorer en mendiant ”, laisse entendre Jacqueline K.
Le camp de Nakivale compte des dizaines de Burundais vivant avec handicap sur une population de plus de 41.000 réfugiés. Ils font la couture, la mécanique, la soudure ou tiennent de petits commerces dans le camp.
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Photo : Jacqueline K. dans son atelier à Nakivale
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