Médias : le Burundi se réjouit de la fermeture des médias en exil

Médias : le Burundi se réjouit de la fermeture des médias en exil

Les portes parole du gouvernement et du ministère en charge de la diplomatie ont indiqué vendredi que le Burundi se réjouit de la fermeture des médias burundais en exil depuis leur destruction en mai 2015 au lendemain du coup d’État raté contre feu président Pierre Nkurunziza. Ils qualifient de la décision de « signe parmi plusieurs autres montrant que les relations entre le Burundi et le Rwanda continueront à s’améliorer ». (SOS Médias Burundi)

Les portes parole des institutions étatiques et para étatiques étaient à Kirundo (nord du Burundi) pour animer leur émission publique organisée chaque trimestre. « Elle aura été la moins intéressante sur les questions du moment », ont commenté plusieurs collègues sur les réseaux sociaux.

Mais un fait qui est dans l’actualité a attiré l’attention des journalistes qui ont participé à l’émission : la fermeture des médias burundais qui émettaient à partir du Rwanda depuis leur destruction méchante au Burundi en mai 2015.
La porte parole du ministère des relations extérieures estime qu’il s’agit d’un résultat de la rencontre des ministres burundais et rwandais en charge de la diplomatie. « (…), le gouvernement burundais se réjouit de la décision et le ministère en charge des relations extérieures se réjouit aussi de cette décision que le Rwanda a prise. Cette mesure est intervenue après une visite du ministre burundais de la diplomatie au Rwanda pour rencontrer son homologue rwandais afin de parler de la renormalisation des relations entre nos pays. Vous vous rappelez que plusieurs pas ont été franchis après. On notera le rapatriement des réfugiés burundais qui se trouvaient au Rwanda. Les obstacles ont été levés. Vous voyez maintenant que ce qui vient de suivre c’est la suspension de ces radios qui ternissaient l’image du Burundi et des Burundais. Nous saluons beaucoup cette mesure au sein du ministère des relations extérieures car cela montre que le dialogue entre les deux ministres n’a pas été vain », a répondu Sonia Inès Niyubahwe, porte parole du ministère des relations extérieures à une question d’un journaliste qui voulait savoir comment les autorités burundaises ont accueilli la fermeture des radios Inzamba et RPA ainsi que la radio-télé Renaissance.

Et d’ajouter « Nous vous annonçons que les négociations continuent entre les deux ministères car il s’agit d’un travail quotidien. Et d’ailleurs n’eût été le Covid-19, il y aurait déjà eu une deuxième rencontre d’experts burundais et rwandais chargés de vider les questions que le Burundi a soumises au Rwanda. Mais nous espérons que nous allons continuer petit à petit malgré les obstacles nous imposés par le Coronavirus ».

Le porte parole du gouvernement burundais Prosper Ntahorwamiye a quant à lui salué une décision constituant un « signe parmi plusieurs autres montrant que dans les jours à venir les relations continueront à s’améliorer ». Mais pour lui « Attendons, il faut y aller très doucement, la question des relations entre pays prend beaucoup de temps ».

M. Ntahorwamiye est aussi revenu sur la mort de l’ancien président burundais Cyprien Ntaryamira, mort dans un avion avec son homologue rwandais Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994. « Cette question a été soumise par le gouvernement burundais mais n’a jamais trouvé de bonne réponse. Comme je le disais, les relations entre pays ont des règles à suivre : la diplomatie et la justice. Les temps et circonstances n’ont pas permis à ce que cette question soit vidée, mais tôt ou tard elle trouvera solution. Le gouvernement n’a rien lâché car il y a déjà un procès. Les concernés dont des organisations sont au courant. Nous attendons le résultat », a-t-il insisté.

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Photo : Prosper Ntahorwamiye, porte-parole du gouvernement burundais /DR

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