Burundi : le gouvernement a levé la mesure de suspension de l’ONG locale PARCEM

Burundi : le gouvernement a levé la mesure de suspension de l’ONG locale PARCEM

Le ministère de l’intérieur, de la sécurité publique et du développement communautaire a pris la décision de lever les sanctions contre PARCEM (Parole et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités). Le président de cette organisation qui avait été suspendue en juin 2019 se dit très satisfait de la mesure. (SOS Médias Burundi)

La mesure a été prise le 2 avril 2021. La PACEM affirme avoir été signifiée ce dimanche de l’ordonnance ministérielle qui rouvre ses activités.

Une décision bien accueillie par Faustin Ndikumana, président de cette organisation. “C’est peut être un cadeau de Pâques. Nous remercions vivement le ministre de l’intérieur pour cette décision salutaire de lever les sanctions qui pesaient lourd à notre organisation depuis bientôt deux ans”, a lâché dans un point se presse ce lundi à Bujumbura (capitale économique) Faustin Ndikumana qui remercie également les décideurs en l’occurrence le président de la République. “Nous remercions également le leadership du président de la République qui s’est engagé à prendre des mesures allant dans le sens de renforcer la cohésion nationale, des actions salvatrices et louables qui sont régulièrement prises ces jours-ci”, ajoute-t-il.

En juin 2019, cette organisation avait été suspendue par le ministre de l’intérieur d’alors Pascal Barandagiye. Il avait reproché à la PARCEM de s’être “toujours écartée de ses objectifs tels que consignés dans ses statuts et de s’activer plutôt à ternir l’image du pays et de ses dirigeants dans le but de troubler la paix et l’ordre public”.

Dans la foulée, plusieurs organisations de la société civile dénonçaient des cas de violations des droits humains, des assassinats ciblés, des cas de torture, des disparitions forcées, de malversations économiques et de mauvaise gouvernance.

La lutte contre les malversations économiques reste une priorité , selon cette organisation qui milite pour la bonne gouvernance. “Sur la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, nos contributions et positions ont été claires et tranchantes. Même en tant qu’expert, je ne donnais pas des contributions vides. Nous allons poursuivre nos missions et d’ailleurs nous sommes dans la ligne du président de la République qui prône le renforcement de la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et le décollage économique”, a insisté M.Ndikumana.

Il plaide aussi pour d’autres organisations locales qui ont été suspendues ou radiées. “Pour d’autres organisations qui endurent le coup, qui sont sous sanctions, qui se seraient mal comportées ou qui auraient enfreint l’une ou l’autre règle de jeu, nous demandons au ministre de l’intérieur de revoir des mesures prises pour une bonne cohésion nationale prônée par le président de la République”, a plaidé le président de la PARCEM.

Cinq organisations de la société civile burundaise restent visées par la radiation. Elles sont engagées dans la défense des droits humains.

Satisfaction des pairs

Pour un activiste contacté, la levée des sanctions pour PARCEM donne espoir pour les autres organisations sous sanctions du gouvernement. “C’est vraiment une bonne chose pour la société civile, nous félicitons la PARCEM pour le pas franchi. Le ministre de l’intérieur a enfin vu que la suspension n’aurait pas dû avoir lieu. Ça nous donne espoir que les autres organisations suspendues ou radiées seront réhabilitées dans leurs droits”, dit-il.

“La société civile n’est pas ennemi du pays, mais plutôt elle joue un rôle important dans le développement du pays surtout en matière de droits de l’homme. L’image du pays sera aussi redorée si nos organisations sont également rouvertes”, conclut cet activiste en exil.

D’après une source bien informée, l’assainissement de l’espace démocratique, politique et médiatique est l’une des conditions sine-qua-none imposée par l’Union Européenne pour la relance des relations diplomatiques avec le Burundi.

Un récent rapport du département d’État américain dresse un bilan sombre en matière de droits humains (200 morts dans des violences des droits humains dans cette nation de l’Afrique de l’est en 2020) , un autre chantier sur lequel l’Union Européenne veut que les autorités burundaises s’engagent.

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Photo : Faustin Ndikumana, président de l’organisation PARCEM

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