La Tanzanie considère les camps de réfugiés burundais comme des “foyers d’insécurité”

La Tanzanie considère les camps de réfugiés burundais comme des “foyers d’insécurité”

Il s’agit d’une déclaration conjointe faite ce lundi par le directeur du Service des réfugiés au ministère tanzanien de l’​Intérieur et le gouverneur de la région de Kigoma. Ces autorités estiment que la Tanzanie va passer à la vitesse supérieure pour forcer les réfugiés burundais à retourner dans leur pays. (SOS Médias Burundi)

Une visite officielle de haut niveau a été faite ce lundi au camp de Nyarugusu en Tanzanie. Le représentant du ministère en charge des réfugiés dans ce pays, le gouverneur de Kigoma (nord-ouest de la Tanzanie) où est installé le camp de Nyarugusu et un représentant du HCR se sont rendus sur les lieux.

Selon ces autorités tanzaniennes dépêchées sur place, les camps de réfugiés burundais constituent une source d’insécurité. “Ces camps de réfugiés burundais sont des foyers d’insécurité. Au tour de ces camps, on enregistre des cas de tuerie, de vol, de viol et de bandes armées et de destruction de l’ environnement.. Vous voyez qu’on ne peut plus tenir avec tout ça,” a rigoureusement indiqué Sudi Mwakibasi, directeur du service des réfugiés au ministère tanzanien de l’​Intérieur sur le terrain de la zone 10 au camp de Nyarugusu.

Et de recommander au HCR d’agir. “Vous responsables du HCR devez réagir immédiatement et nous aider à rétablir la sécurité dans cette région. Nous leur avons demandé à maintes reprises de rentrer mais ils n’ont pas voulu s’exécuter. La preuve en est qu’ici à Nyarugusu, il n’y a pas d’enregistrement massif sur les listes de retour volontaire,” a ajouté Sudi Mwakibasi.

Le gouverneur de Kigoma a affirmé pour sa part que “sa région est plus perturbée par des Burundais qui vivent dans les camps”. Des déclarations qui ne laissent pas indifférents les réfugiés burundais. “Laissez-nous en paix, nous allons rentrer au moment opportun,” a indiqué le numéro deux du comité des réfugiés burundais à Nyarugusu.

Et de rappeler le calvaire qu’ils endurent. “Plutôt, sécurisez-nous et évitez des assassinats ciblés ici, des déportations, des disparitions forcées, des arrestations arbitraires, des limitations de mouvements vers l’extérieur du camp, et des coupures répétitives de la ration alimentaire,” a-t-il insisté auprès du représentant du HCR en Tanzanie.

Et pour conclure, ce représentant des réfugiés a exhorté la communauté internationale à “constater et être témoin de la violation flagrante des conventions internationales qui protègent les réfugiés”.

Le représentant du HCR a à son tour tenté de calmer la situation. “Nous avons pris note de vos rapports, de vos doléances. Nous allons les soumettre à notre hiérarchie. Je vous assure que des discussions vous concernant sont en train d’être menées avec le gouvernement tanzanien. Nous allons vous communiquer les résultats,” a-t-il réagi.

Depuis deux ans, des réfugiés burundais vivant en Tanzanie sont contraints de rentrer chez eux. Des mesures allant dans ce sens ne cessent d’être prises. Ils affirment néanmoins qu’ils ne vont pas céder aux intimidations jusqu’à la fermeture du dernier camp.

La Tanzanie compte plus 146.000 réfugiés burundais, repartis dans trois camps à savoir Nduta, Nyarugusu et Mtendeli.

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Photo : une pancarte montrant le camp de Nyarugusu

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