Dossier-assassinat de l’honorable Hafsa Mossi : première audience publique

Dossier-assassinat de l’honorable Hafsa Mossi : première audience publique

Les prévenus ont comparu devant le tribunal de grande instance de Ntahangwa (nord de la capitale économique Bujumbura) ce jeudi durant toute la journée. Ils sont tous accusés d’être impliqués dans l’assassinat de l’ancienne députée de l’assemblée législative de la communauté de l’Afrique de l’est (EALA) bien que les charges diffèrent. Le parquet a requis contre trois des prévenus une prison à vie et un emprisonnement de 15 ans contre Évelyne Izobiriza, ancienne administratrice de la commune de Muyinga (nord-est du Burundi). (SOS Médias Burundi)

Cinq prévenus ont comparu dans le dossier de l’assassinat de l’ancienne députée de l’EALA, Hafsa Mossi. Il s’agit de l’ex administratrice de Muyinga Évelyne Izobiriza, Eric Ndayishimiye, militaire étudiant à l’ISCAM (Institut supérieur des cadres militaires), également accusé d’être impliqué dans les attaques contre les camps militaires du 11 décembre 2015, Claude Chanel Mfuranzima, Jean Baptiste Ntirandekura et un mineur dont l’identité n’a pas été révélée.

Les trois jeunes hommes sont poursuivis pour assassinat, participation aux bandes armées et atteinte à la sécurité intérieure de l’État. Évelyne Izobiriza est quant à elle accusée de complicité d’assassinat ainsi que de manquement à la solidarité publique.

Le ministère public a expliqué que les prévenus avaient un plan bien monté visant à éliminer un à un des hautes autorités du pays. « Ils étaient en contact permanent avec des personnes exilées au Rwanda qui leur envoyaient de l’argent pour l’achat d’ armes », a-t-il plaidé. « Les autres personnes impliquées dans le dossier ont pris fuite vers le Rwanda », a précisé le ministère public.

Les trois jeunes hommes ont tous plaidé non coupables. « Je ne connaissais même pas cette personne. J’habitais à Mutanga nord (nord de Bujumbura) mais au moment des faits, j’étais dans le quartier de Gasekebuye (sud de Bujumbura). À l’époque j’ai fait des aveux sous la contrainte. J’ai été torturé au service national des renseignements », s’est défendu Claude Chanel Mfuranzima. « Je suis innocent. Je suis un bouc émissaire dans cette affaire. Je ne connaissais même pas cette autorité, » a plaidé Jean Baptiste Ntirandekura. « J’étais à l’Iscam. Personne ne pouvait sortir sans billet de sortie, » a essayé de convaincre les juges Éric Ndayishimiye.

Quant aux attaques contre les camps militaires, Eric Ndayishimiye a indiqué au tribunal qu’il a été appréhendé pour avoir fui ces attaques en sautant le mur de l’institut.

Evelyne Izobiriza a de son côté parlé d’un coup monté par un agent du service national de renseignements. « Je ne suis nullement impliquée dans ce dossier. Un agent de la documentation m’a jouée un tour pour me spolier mes biens ».

La députée Hafsa Mossi a été tuée au quartier Mutanga nord en zone de Gihosha en mairie de Bujumbura, le 13 juillet 2016. Le verdict va tomber au plus tard le 15 mai prochain.

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Photo : Hafsa Mossi, tuée au quartier Mutanga nord en zone de Gihosha en mairie de Bujumbura, le 13 juillet 2016. /DR

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