Burundi : pénurie généralisée du sucre

Burundi : pénurie généralisée du sucre

Depuis près d’un mois, la pénurie du sucre fait parler d’elle dans tout le pays. Ni la Sosumo (Société sucrière du Moso), ni l’administration qui régule la commercialisation de ce produit, aucune de ces structures n’est parvenue à fournir une explication y relative. SOS Médias Burundi a fait le tour dans certaines provinces. (SOS Médias Burundi)

Après s’être déclarée en mairie de Bujumbura, la pénurie du sucre s’est par après répandue dans toutes les provinces du pays.

Bujumbura (ouest du Burundi)

Ce lundi dans la capitale économique Bujumbura, aucun magasin ne disposait du sucre. « J’ai parcouru cinq des grandes alimentations de la ville, je n’ai pas trouvé ce produit. Dans l’une d’elles, on m’a dit que cela faisait plus d’une semaine qu’ils n’en ont pas », se désole un habitant du quartier de Mutanga nord.

Les petites boutiques qui en ont encore en très petite quantité préfèrent le vendre par petits tas mesurés avec des cuillères. « Ça devient très cher, imaginez-vous qu’une cuillère coûte 100 francs burundais. J’en achète juste pour les enfants qui ne peuvent pas comprendre ce phénomène », lâche un habitant de Nyakabiga.

Kirundo (nord du Burundi)

Le sucre se vend aujourd’hui clandestinement. Le kilo s’achète entre 3500 et 4000 francs burundais alors que le prix officiel est de 2500 francs.

Les commerçants disent qu’ils ne sont plus servis en quantité suffisante. « Même nos fournisseurs ont revu à la hausse les prix. Un sac qui devrait s’acheter à 116.000 francs est passé à 125.000 », racontent des commerçants.

Les administratifs qui se sont lancés dans ce commerce sont accusés de se tailler la part du lion lors des distributions. « Il s’agit notamment du procureur, de l’ancien secrétaire provincial du parti au pouvoir Fabien Bizumuremyi, et d’autres », dénoncent des habitants. « La quantité destinée à cette province a été diminuée de 5 tonnes. Vous comprenez qu’on ne peut plus satisfaire nos clients », expliquent des commerçants de cette province du nord du Burundi.

Des parents disent qu’ils font recours à des jus ou limonades à la place du thé pour les enfants qui vont à l’école le matin.

Bururi (sud du pays)

La situation est similaire dans cette province du sud du Burundi. Dans tous les magasins, boutiques et kiosques du chef-lieu de la province de Bururi, le sucre est introuvable depuis près de deux semaines.
Des habitants disent ne pas comprendre cette pénurie répétitive. « C’est bizarre! C’est comme si la Sosumo ne fonctionne plus. Et puis, c’est le silence radio de la part des responsables qui ne donnent pas des éclaircissements sur ce qui se passe », se lamentent des habitants qui dénoncent aussi la commercialisation du sucre sur le marché clandestin à des prix allant jusqu’à 3000 francs alors que le prix officiel est fixé à 2500.

L’administration provinciale pointe du doigt les autorités locales qui, selon elle, n’ont pas réussi à mener un suivi régulier sur la vente du sucre par les grossistes.

En février dernier, une liste des commerçants du sucre a été transmise aux responsables de la Sosumo par le gouverneur de Bururi. Elle détaillait un quota d’approvisionnement pour chaque commune avec un total de 28,75 tonnes de sucre par mois pour toute la province.

Les concernés fuient les responsabilités

Les responsables de la Sosumo rassurent plutôt qu’ils ont distribué une quantité suffisante pour le mois d’Avril. « 1300 tonnes ont été envoyées aux grossistes. Pour le reste, c’est l’administration qui doit être vigilante », a annoncé le chargé de la communication du bureau de liaison de la Sosumo à Bujumbura, sur la radio nationale.

L’administration quant à elle accuse les commerçants de créer une pénurie artificielle pour spéculer sur les prix. « Il n’y a aucun motif qui justifierait la pénurie du sucre. La mairie a été servie en quantité suffisante », confie un des cadres de la mairie de Bujumbura chargé des questions financières.

Les grossistes de leur part se lamentent qu’ils ne reçoivent plus des quantités prévues. La situation est similaire dans toutes les 18 provinces du pays.

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Photo : des conducteurs de taxi vélo transportent du sucre dans une rue de Gatumba non loin de la frontière avec la RDC

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