Meheba (Zambie) : l’agriculture au secours des réfugiés burundais

Meheba (Zambie) : l’agriculture au secours des réfugiés burundais

Le camp de Meheba en Zambie n’est pas comme les autres. Tout réfugié obtient une propriété foncière et se lance dans l’agriculture. Le haut commissariat aux réfugiés HCR n’y distribue pas des vivres. (SOS Médias Burundi)

Bernard H. est un Burundais qui est arrivé au camp de Meheba en décembre 2015. Il raconte qu’après avoir obtenu son statut de réfugié, il est vite devenu agriculteur. “Je suis arrivé en provenance de la Tanzanie. Je me disais que j’allais recevoir des vivres du HCR comme c’était le cas chaque mois au camp de Nduta. Mais on m’a vite aménagé une petite maison en tente et on m’a donné une propriété foncière que je devais exploiter. J’ai eu des soucis dans un premier temps. Je me suis vite associé aux autres pour cultiver. Et trois mois après, c’était la récolte de haricots. Et maintenant je me suis construit une habitation en dur” témoigne Bernard.

Le camp de Meheba est situé dans une petite forêt au Nord-ouest de la Zambie. Il est très fertile, favorable à l’agriculture. On y retrouve également des marrais à perte de vue où des réfugiés se livrent à la riziculture. Le HCR assure la survie des demandeurs d’asile juste à la première année avec une aide de 200 ZMW (Zambian Kwacha, la monnaie zambienne, environ 10$) par personne. Après, les réfugiés volent de leurs propres ailes.

Des Burundais qui y vivent indiquent qu’ils ne manquent de rien. Ils cultivent des légumes, des céréales, des haricots, des tubercules et même des fruits. “Des anciens fonctionnaires ou étudiants à Bujumbura sont devenus des cultivateurs ici”, temoignent-ils.

Un commerce et une prise en charge médicale difficiles

Des Burundais se plaignent quand même du fait que le commerce de leurs produits soit difficile. “On doit avoir deux documents principaux, le permis de travail et la carte de résidence ou même l’autorisation commerciale. Ce qui n’est pas facile pour des réfugiés qui sont contrôlés tout le temps par les services de l’immigration. Les rares Burundais qui y parviennent vivent dans les centres urbains”, laissent entendre des réfugiés.

Les réfugiés indiquent également que la prise en charge médicale est compliquée. “Nous avons une seule clinique au camp. En cas d’urgence, des gens passent deux à trois semaines avant d’être transférés à l’hôpital de district de Solwezi ou à Kalumbila. Nous avons besoin de plus de services de santé ici ou alors que des cas d’urgence soient vite transférés dans les hôpitaux spécialisés”, expliquent-ils.

Le camp de Meheba héberge plus de 27.000 réfugiés dont plus de 2 mille Burundais.

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Photo : vue du camp de Meheba

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