Photo de la semaine : la présidente Samia veut tout rafler

Photo de la semaine : la présidente Samia veut tout rafler

La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a effectué une visite de deux jours au Burundi depuis vendredi dernier. Une occasion de séduire les hommes d’affaires et les commerçants burundais. « Je veux que toutes les marchandises importées au Burundi transitent par la Tanzanie », a-t-elle souhaité. (SOS Médias Burundi)

Madame Samia est arrivée dans la capitale économique Bujumbura vers 9h 30. Elle a été accueillie par le vice-président Prosper Bazombanza à l’aéroport avant d’aller rencontrer son homologue au palais présidentiel.

Après un tête-à-tête avec Évariste Ndayishimiye, elle a parlé à la presse. « Dans le monde actuel, les relations entre pays sont beaucoup caractérisées par des questions économiques. Nous aussi, nous nous sommes longuement entretenus sur ça, par exemple la manière qui nous permettra d’augmenter nos échanges commerciaux et les investissements entre nous. Les statistiques actuelles montrent que les échanges commerciaux entre nous ont augmenté passant de 83 millions de dollars en 2015 à 200 millions en 2019 (…). Du côté tanzanien, il y a ici au Burundi plusieurs compagnies et entreprises tanzaniennes qui sont venues pour investir. Toutefois, assumons que le niveau des échanges commerciaux et les investissements entre nous reste minime. Les opportunités sont nombreuses mais on n’y a pas encore travaillé beaucoup », a-t-elle indiqué.

Séduction

« Comme vous le savez, nos pays ont signé les accords de construire le chemin de fer Musongati-Gitega. Sur ce, nous avons ordonné à nos ministres des finances et énergie de collaborer pour trouver de l’argent pour accélérer la construction de ce chemin de fer. Et comme nous faisons l’expansion de nos ports de Dar-es-Salaam, de Kigoma, Talema, Kasanga et Kabwe sur le lac Tanganyika, c’est une grande contribution pour le transport entre la Tanzanie et le Burundi. Pour ce, j’invite les commerçants burundais de continuer d’utiliser le port de Dar-es-Salaam. Nous espérons voir toutes les marchandises importées au Burundi transiter par la Tanzanie », a insisté la première femme à avoir dirigé la Tanzanie.

S’exprimant à la presse, le chef de l’État burundais a préféré parler en anglais pour que « son invitée comprenne ». « J’ai remercié la Tanzanie pour avoir accueilli les Burundais pendant la période de crise et pour sa volonté de faciliter le rapatriement volontaire continu vers leur pays natal (…). Nous nous sommes engagés à renforcer la paix et la sécurité sur nos frontières communes, travailler ensemble pour lutter contre le terrorisme, la prolifération des armes légères et le trafic humain dans nos pays respectifs », a dit depuis son palais de Bujumbura le président Neva.

Soutien avoué

Pour la présidente tanzanienne, les sanctions qui pèsent sur le Burundi doivent être levées. « Les autres secteurs sur lesquels nous nous sommes entretenus concernent le renforcement de la paix et la sécurité. C’est par exemple la sécurité sur nos frontières et la question des réfugiés, la Tanzanie comptant actuellement 140.706 réfugiés burundais. Nous nous sommes aussi engagés à renforcer nos relations sur la scène internationale. Et sur ça, j’ ai rassuré son excellence président Évariste Ndayishimiye que la Tanzanie ne cessera d’élever sa voix pour exiger la levée des sanctions contre le Burundi », a-t-elle avoué.

Le Burundi et la Tanzanie entretiennent de très longues et bonnes relations diplomatiques. Pour les cinq dernières années de sa vie et de son pouvoir, feu président Nkurunziza n’a visité que la Tanzanie. C’était en juillet 2017. Et le président Ndayishimiye a choisi la Tanzanie pour sa première visite, trois mois après son investiture.

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Photo : Samia Suluhu Hassan et Évariste Ndayishimiye au palais présidentiel de Bujumbura lors d’une conférence de presse conjointe, le 16 juillet 2021

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