Nakivale (Ouganda) : quatre jeunes burundais en détention
Ils ont été arrêtés le week-end dernier, soupçonnés de vouloir attenter à la vie du chef de village Kashojwa C communément appelé New Buja. Ces jeunes burundais sont détenus pour le moment à Kabingo, dans le district d’Isingiro, loin du camp de Nakivale. Leurs familles craignent pour leur sécurité. (SOS Médias Burundi)
Parmi les quatre jeunes burundais figure Éric Niyokwizera alias Yakubino, un artiste burundais spécialement connu par sa chanson Kiradodora.
Ils ont été interpellés sur ordre du chef de village de Kashojwa C communément appelé New Buja qui a porté plainte auprès de la police.
Le responsable de réfugiés avance qu’il est victime de son appartenance à l’ethnie Hutue.
Des proches des jeunes gens en détention indiquent que le chef de village aurait corrompu des policiers ougandais pour qu’ils soient détenus à Kabingo, district d’Isingiro, loin de leurs familles. “Ils sont injustement accusés de vouloir perturber la sécurité au camp, ciblant le chef du village. C’est plutôt ce dernier qui est soupçonné d’être au service du gouvernement burundais et qui essaie de fabriquer des dossiers visant à faire incarcérer des jeunes Tutsi et toute personne qui ne soutient pas ses plans visant à créer des divisions ethniques dans la communauté de réfugiés burundais à Nakivale », racontent des parentés des jeunes détenus.
D’après des sources locales, “ces réfugiés auraient été torturés pour les obliger à signer des procès verbaux établis à l’avance par des policiers ougandais »
Un autre leader communautaire confirme les faits. “Oui, nos enfants risquent de mourrir ou d’être déportés vers le Burundi. Ce chef du village est prêt à tout faire car il sème la haine ethnique ici en approchant quelques gens de l’ethnie Hutue, leur disant que peu importe la situation, un Tutsi reste la cause des malheurs au Burundi et qu’il faut rester vigilant”, dit-il tout en indiquant qu’il va le dénoncer.
D’autres réfugiés burundais seraient dans la ligne de mire du chef de village. « J’aipeur car moi aussi j’ai appris que je suis sur la liste de ceux qui doivent être arrêtés par la police parce selon notre chef du village, j’ai des relations avec les jeunes détenus”, signale un jeune réfugié burundais.
Plusieurs voix se sont élevées pour demander la destitution et la traduction en justice de l’homme qui a fait incarcérer les quatres jeunes gens pour « comportement tendant à diviser les réfugiés”.
Contacté pour réagir, le chef du village Kashojwa C a dit à nos reporters sur place qu’il ne fait que diriger le village dans l’intérêt de tout le monde et que ces jeunes détenus lui manquaient de respect et voulaient se constituer en bande criminelle.
Nakivale compte plus de 41 mille réfugiés burundais.
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Photo : une pancarte montrant le camp des réfugiés de Nakivale
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