Kirundo : un rapatrié enlevé

Kirundo : un rapatrié enlevé

Christophe Niyonzima est introuvable depuis le 23 août. La quarantaine, l’homme est originaire de la commune de Bugabira en province de Kirundo au nord du Burundi. Il avait été rapatrié en décembre 2020 et assurait un transport rémunéré par voiture pour des passagers qui font des navettes de Kirundo à Ngozi (nord) et vice-versa. Il a été enlevé par des hommes identifiés comme des agents du SNR (service national des renseignements) à l’endroit communément appelé « Ku Masanganzira », à la jonction entre les deux provinces. Sa famille affirme n’avoir jamais eu d’écho sur les mobiles de l’enlèvement et de l’endroit où il a été emmené. Elle craint pour sa sécurité. (SOS Médias Burundi)

Selon des témoins, Christophe Niyonzima a été enlevé par des hommes à bord d’une camionnette aux vitres teintées. C’était dans l’après midi de lundi le 23 août. « Il était avec des clients qu’il transportait en provenance de Kirundo. Quand il est arrivé à un rond-point de « Ku Masanganzira », un véhicule aux vitres teintées l’attendait et lui a barré le chemin. Des hommes en tenue de la police burundaise, d’autres en civil l’ont forcé de monter dans leur véhicule qui a roulé à toute allure en direction de Ngozi », disent des témoins.

Sa voiture a été récupérée par un de ses ravisseurs. Elle a escorté ses ravisseurs, avec à bord les clients que Niyonzima avait pris à Kirundo, selon des témoins oculaires.

Sa famille indique ne pas être au courant des raisons de son enlèvement ni de l’endroit où il a été emmené.
Elle demande aux autorités d’intervenir pour les aider à le retrouver. « Il ne faisait pas de politique et n’appartient à aucun parti politique. Nous nous inquiétons pour sa sécurité. Qu’on nous informe s’il est au moins encore en vie et où il serait détenu », désespèrent ses porches.

Christophe Niyonzima avait été rapatrié en décembre 2020 en provenance du Rwanda. Des sources à Kirundo affirment que parmi les clients qui s’étaient faits embarquer dans son véhicule se trouvait un agent du SNR qui renseignait ses collègues chaque fois qu’ils avançaient .

Depuis quelques mois, il s’observe un mouvement retour des rapatriés qui retournent dans des camps de réfugiés, surtout en Tanzanie. Selon nos sources, ils disent avoir pris la décision de fuir encore une fois le Burundi suite aux menaces des habitants qui les considèrent comme des « ennemis » du pays.

Pourtant, les hautes autorités burundaises à commencer par le chef de l’État ne cessent d’appeler les réfugiés au retour volontaire pour « aider les autres Burundais à développer leur pays » et de mettre en garde des gens qui ne veulent pas cohabiter pacifiquement avec les rapatriés.

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Photo : chef-lieu de la province de Kirundo

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