Kirundo : des Imbonerakure en patrouilles nocturnes commettent des abus, des habitants se révoltent

Kirundo : des Imbonerakure en patrouilles nocturnes commettent des abus, des habitants se révoltent

Depuis des mois, des patrouilles nocturnes effectuées par des jeunes du parti présidentiel le CNDD-FDD sont rapportées en province de Kirundo (nord du Burundi). Alors qu’au début c’était seulement au chef-lieu de province, la pratique est actuellement rapportée dans les autres localités de la province en l’occurrence en commune de Busoni. La population est rançonnée, des gents rencontrés dans la nuit et qui n’ont pas d’argent à payer sont forcés de passer la nuit à circuler avec les jeunes dont la plupart sont armés de gourdins. (SOS Médias Burundi)

Selon des témoins, les patrouilles devenues quotidiennes depuis des mois s’organisent à partir de 21h. « Au delà de 21h, on voit des colonnes de jeunes Imbonerakure. La plupart sont en tenue de la police burundaise, d’autres portent la tenue des vigiles de couleur noire », racontent des habitants des quartiers du chef-lieu de Kirundo.

Et d’ajouter, « Ils sont commandés par des anciens rebelles du CNDD-FDD à majorité. Un d’entre eux est un élu collinaire. Ils ont des talky walky et se déplacent tels des militaires ou policiers. Et ils le font sans se soucier de rien ».

Abus

D’après des habitants, malheureux sont ceux qui croisent la colonne de ces Imbonerakure au delà de 21h. « Sans une seule chance de s’expliquer, ils sont roués de coups, tabassés. Ensuite, ils doivent payer de l’argent pour être permis de rentrer. Sinon, ils sont obligés de rester avec les Imbonerakure jusqu’au petit matin », expliquent-ils.

Des victimes

Des témoins affirment que pendant la patrouille, ces jeunes vérifient si les ménages sont fermés, une façon de chercher une occasion de rançonner les occupants.
Une fois vous êtes surpris dans la cours, vous devez payer une somme variant entre mille et 10 mille francs burundais. Et puis vous êtes aussi malmenés, se sont confiées à SOS Médias Burundi des victimes.

La pratique qui, au début n’était rapportée qu’au chef-lieu de province est actuellement signalée dans d’autres localités à l’instar de la commune de Busoni, un bastion de l’ancien député Jean Baptiste Nzigamasabo surnommé Gihahe. Des habitants des collines de Kabanga, Kadidiri et Murore indiquent que des Imbonerakure prennent pour cible des ménages appartenant aux membres du CNL « pour les malmener ».

« Ils sont armés de fusils. Certains d’entre eux nous disent qu’ils remettent les armes à Gihahe[…] », racontent-ils.

À Kirundo des habitants pensent que les cas de vols de bétails et dans des champs dans la nuit sont commis par les groupes des Imbonerakure en patrouille. Ils expliquent qu' »il est impossible que d’autres individus puissent prendre le risque d’aller voler pour éviter de croiser ces maîtres de la nuit et tortionnaires protégés ».

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Photo : chef-lieu de la province de Kirundo

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