Rumonge : le CNDD-FDD organise une collecte de fonds en guise de la célébration de la journée du combattant
Ce jeudi, le parti CNDD-FDD à Rumonge (sud-ouest du Burundi) célébrait la journée dédiée au combattant. Une occasion pour les responsables du parti dans la province d’organiser la collecte de fonds dans la population. Des habitants dénoncent un énième racket « alors que la vie est très chère ». (SOS Médias Burundi)
Des jeunes du CNDD-FDD ont sillonné tous les quartiers et collines de la province pour collecter l’argent, selon des témoins. « Ils passaient de ménage à ménage. Il n’y avait pas de montant fixe, mais quant tu as leur visite chez toi, tu es dans l’obligation de donner quelque chose pour sauver ta peau », racontent des habitants de Rumonge.
Dans les services publics et privés, des listes pour la contribution ont été effectuées. Des employés dénoncent une forme de contribution forcée. « Une fois les listes dressées, on les achemine à la permanence provinciale du CNDD-FDD. Là, on vérifie les identités des contributeurs et les montants versés. Les récalcitrants sont considérés comme des ennemis de la nation à corriger ou à tuer[…]. Il s’agit ni moins ni plus de la terreur. Nous sommes obligés de contribuer pour éviter des ennuis », ont confié à SOS Médias Burundi des enseignants.
D’autres habitants indiquent être en désaccord de financer la célébration affirmant que «Ils ont tué les nôtres, maintenant ils célèbrent leur mort et veulent qu’on les finance».

La plupart des fonctionnaires dont des enseignants dans la province ont été contraints d’aller dans les festivités que de se présenter au service. Des observateurs locaux dénoncent « un racket organisé » et « un comportement irresponsable » des responsables administratif et du parti présidentiel qui ne voient en la population qu' »une vache laitière ».
Le parti CNDD-FDD, ancien mouvement rebelle Hutu devenu parti au pouvoir en 2005 organise depuis ce 16 novembre la semaine dédiée aux combattants. Avant d’être clôturée, des parades militaires sont organisées dans toutes les communes du pays. Des discours vantant les mérites des seuls anciens rebelles du CNDD-FDD sont prononcés par des administratifs, des responsables des associations des anciens combattants et des leaders religieux proches du parti présidentiel.

Dans d’autres provinces à l’instar de Cibitoke (nord-ouest), des habitants dénoncent aussi des contributions « forcées » concernant même des militants des partis d’opposition. Le CNDD-FDD organise une semaine dédiée aux combattants chaque année à partir du 16 novembre, date à laquelle l’ancien mouvement rebelle Hutu a signé un cessez-le-feu avec le gouvernement du Burundi. C’était en 2003. Plusieurs associations d’anciens combattants et des partis politiques dénoncent « un évènement politisé » alors qu’il devait être inscrit sur la liste des fêtes nationales et organisé par le pays.
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Photo : cadence d’anciens rebelles du CNDD-FDD à Rugombo, en province de Cibitoke, le 18 novembre 2021
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