Ituri (RDC) : au moins 45 déplacés tués dans une attaque armée
Un groupe armé a attaqué la nuit de mardi au mercredi le site de déplacés de “Plaine Savo”. Il est situé dans la chefferie de Bahema-Badjere sur le territoire de Djugu (province de l’Ituri, est de la RDC). Le bilan provisoire dressé par des sources locales fait état d’au moins 45 civils assassinés et plusieurs autres blessés. Les auteurs du massacre ont été identifiés comme miliciens de la Coopérative pour le Développement du Congo (CODECO). (SOS Médias Burundi)
L’attaque a eu lieu vers 21h. Elle a visé le Bloc 1 du site de déplacés, selon John Kabwa l’un des notables de l’Ituri.
« Quand les assaillants sont arrivés, ils ont commencé à tirer avec des fusils. Pris de panique, les gens sortaient en courant et les assaillants les attendaient avec des machettes. Ils en ont tué au moins 45, plusieurs autres ont été blessés. C’est vraiment terrible », détaille le notable.
La majorité des victimes sont des enfants et des femmes. Ils sont de la communauté Hema.
Le président du comité de la vigilance du site et son adjoint sont également morts dans l’attaque, affirment des rescapés.
Quelques otages ont pu être récupérés. « Nous avons déjà retrouvé plus de 45 blessés graves dans la brousse. La plupart ont été blessés à la machette. Ils ont été évacués vers des structures sanitaires proches », disent des sources sur place.
Le notable regrette qu’en Ituri, les opérations de mutualisation entre les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et de l’armée ougandaise n’ont jamais commencé « afin de mettre fin à cette barbarie des miliciens ».
« Nous avions plaidé pour l’intervention des deux armées comme cela a été le cas dans le Nord-Kivu. Nous condamnons la tuerie des populations Hema et le durcissement des massacres de civils innocents depuis 2017. Le gouvernement congolais et la communauté internationale représentée par la Monusco (Mission de l’organisation des Nations-Unies en République Démocratique du Congo) devraient agir. Je supplie le président Tchisekedi de laisser l’armée en finir avec les groupes inciviques génocidaires qui n’écoutent personne », se désole-t-il.
Les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu sont concernés par un État de siège depuis mai 2021. Le président Félix Tshisekedi l’a décrété dans le but de neutraliser les groupes armés locaux et étrangers dont les ADF considérés comme mouvement terroriste par les États-Unis. Depuis, les autorités et juridictions civiles ont été remplacées par celles militaires, ce qui n’a pas empêché les rebelles de continuer les attaques sur des populations civiles.
L’armée ougandaise a appuyé les FARDC et elles sont parvenues à mettre en déroute les ADF et ont pu récupérer certaines de ses bases dont une qui servait de charnier humain. Récemment, deux responsables des ADF ont été interpellés et plusieurs membres des groupes armés locaux ont également été arrêtés ou tués par l’armée régulière.
Mais les députés et les groupes de pression estiment que le gouvernement devrait suspendre la mesure et penser à une nouvelle stratégie, la qualifiant de non efficace. Un militant de la Lucha (Lutte pour le changement) est mort dernièrement lors d’une manifestation contre l’État de siège.
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Photo : les victimes de l’attaque de Plaine Savo
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