Burundi : l’UE blanchit le Burundi

Burundi : l’UE blanchit le Burundi

Ce mardi, le Conseil de l’Union européenne a décidé d’abroger la décision qu’il avait prise en 2016 par laquelle il imposait la suspension de l’aide financière directe à l’administration ou aux institutions burundaises. La nouvelle décision permettra donc à l’UE de reprendre ce type de coopération avec l’administration burundaise. Les 27 parlent de l’aboutissement du processus politique pacifique entamé lors des élections générales de mai 2020, qui apporte une lueur d’espoir à la population du Burundi. Toutefois, des organisations de défense de droits humains à l’instar de Human Rights Watch trouvent que le gouvernement Ndayishimiye n’a pas rompu avec le passé caractérisé par « la répression brutale ». (SOS Médias Burundi)

L’Union européenne indique que depuis les élections de 2020, elle a pris acte des progrès accomplis par le gouvernement burundais en ce qui concerne les droits de l’homme, la bonne gouvernance, l’état de droit, ainsi que des engagements pris dans sa feuille de route en vue de nouvelles améliorations dans ces domaines.

« En outre, un grand nombre de réfugiés sont retournés volontairement au Burundi et la coopération avec la communauté internationale et les pays voisins a été relancée », affirme-t-elle tout en soulignant que des défis subsistent encore.

« De nouveaux progrès seraient bénéfiques pour tous les Burundais, notamment par la mise en œuvre de la feuille de route, dans le cadre du dialogue politique en cours entre l’UE et le Burundi », souhaitent les 27 qui indiquent être prêts, aux côtés d’autres partenaires internationaux, à soutenir « les efforts que déploient actuellement les autorités burundaises pour stabiliser et consolider les institutions démocratiques, promouvoir les droits de l’homme, la bonne gouvernance et l’état de droit et mettre en œuvre les engagements pris dans la feuille de route pour apporter de nouvelles améliorations dans ces domaines ».

Mais, les organisations de défense des droits humains dont Human Rights Watch estiment que certains partenaires comme l’UE et les États-Unis ont juste choisi d’ignorer que la répression brutale au Burundi n’a jamais cessé, constate Mausi Segun, directrice Afrique.

« Un an et demie après l’accession de Ndayishimiye à la présidence du Burundi qui s’était engagé à « maintenir l’unité entre les Burundais » et à garantir « la paix et la justice pour tous », son gouvernement continue largement à marcher sur les pas de Pierre Nkurunziza. Il a intimidé, réprimé, détenu et torturé ses détracteurs, […], tué et fait disparaître un grand nombre de personnes qu’il soupçonne de travailler avec l’opposition ou avec des groupes rebelles », a-t-elle déploré ce mardi dans une publication.

Les restrictions qui viennent d’être abrogées avaient été prises en 2016 suite à la situation qui s’était dégradée au Burundi au cours de la période qui a précédé les élections législatives et l’élection présidentielle tenues en juin et en juillet 2015.
À cette époque, l’UE avait estimé que la République du Burundi n’avait pas respecté les éléments essentiels énoncés à l’article 9 de l’accord de partenariat ACP-UE en ce qui concerne les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit.

Le président burundais a choisi Twitter pour manifester sa joie.

« Je salue la décision sage de l’union européenne et ses États membres pour avoir pris la mesure de lever avec effet immédiat les sanctions économiques contre mon pays. Le Burundi est disposé à coopérer avec tous les partenaires. Ensemble, tout est possible », a écrit M. Ndayishimiye sur son compte Twitter.

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