Giharo : des propriétaires de moulins disent être victimes de décisions contradictoires des autorités

Giharo : des propriétaires de moulins disent être victimes de décisions contradictoires des autorités

Depuis février dernier, le gouverneur de la province de Rutana (sud-est du Burundi) a ordonné la délocalisation des moulins installés à moins de six mètres de la route nationale numéro onze (RN11) reliant la province à la commune de Kinyinya (province frontalière de Ruyigi, est). Après s’être exécutés , le secrétaire communal du CNDD-FDD et l’administratrice communale de Giharo ont encore obligé les propriétaires des mêmes moulins de les réinstaller pour la troisième fois dans une aire gérée par des proches du parti présidentiel. Les intéressés disent avoir déjà dépensé d’énormes sommes d’argent. (SOS Médias Burundi)

La mesure du gouverneur s’inscrivait dans la politique du gouvernement de « démolir les constructions érigées à moins de six mètres des routes nationales et principales ».

Des propriétaires de moulins visés se sont exécutés, mais ils disent être perturbés par une autre mesure du représentant communal du parti CNDD-FDD et de l’administratrice communale de Giharo.

« Quand le gouverneur a pris la décision, nous avons démonté nos moulins et nous avons été obligés d’acheter, pour certains de nouvelles parcelles dans lesquelles nous avons construit des locaux destinés à loger nos moulins. Mais après avoir terminé l’installation , les responsables du CNDD-FDD et de la commune nous ont encore une fois exigés de démonter nos machines et de les accrocher dans une autre aire. C’est incompréhensible[…] », ont réagi en colère des habitants.

La parcelle dans laquelle ils ont été transférés de force appartient à l’association « Dukorere hamwe mukwiteza imbere ».

Elle est dirigée par des militants du parti présidentiel. Des habitants disent qu' »elle bénéficie d’un favoritisme sur base politique et de corruption ».

« C’est une association qui exige un payement mensuel de 30 mille francs burundais pour les décortiqueuses et 20 mille pour les moulins. Ses responsables ont alors corrompu les deux autorités pour nous forcer d’aller nous y installer . Ils ne sont pas du tout préoccupés par notre perte », se désolent des concernés.

Ils demandent au gouverneur de Rutana d’intervenir.

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Photo : une pancarte indiquant le chef-lieu de la commune Giharo

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