Rumonge : le carburant manque mais pas chez les autorités

Rumonge : le carburant manque mais pas chez les autorités

Alors que la pénurie du carburant est signalée dans tout le pays, une quantité importante d’essence vient d’être saisie en province Rumonge (sud-ouest du Burundi). Selon nos sources, au moins 1000 litres ont été saisis. Les administratifs sont complices. Des habitants demandent que justice soit faite. (SOS Médias Burundi)

Les faits ont eu lieu le soir de ce vendredi. Des agents du service national de renseignements (SNR) en provenance de Bujumbura (capitale économique) se sont introduits à Rumonge d’une façon surprise.

Selon des sources locales, ils se sont dirigés directement vers la cible.

« Arrivés au chef-lieu de province, ils se sont dirigés directement vers le ménage de Gilbert Horugavye et Jérémie Bizimana. Chez le premier comme chez le second, un fût rempli de 500 litres a été saisi. En somme, il s’agit de 1000 litres », témoignent nos sources.

Le premier est conseiller du gouverneur de Rumonge chargé du développement. Le second se trouve être administrateur communal de Rumonge.

Selon des habitants de Rumonge, trois autres personnes proches du CNDD-FDD, le parti présidentiel en province de Rumonge dont un responsable de l’OHP (Office de l’Huile de Palme) ont remis ce samedi matin trois fûts d’une capacité de cinq cent litres chacun.

« Le responsable de la seule station à laquelle ils s’étaient approvisionnés a refusé de leur remettre l’argent. Il leur a obligé d’attendre pour que l’essence soit revendue avant qu’ils récupèrent leur argent », disent des témoins qui ajoutent que le carburant saisi a été distribué aux chauffeurs de bus et motos du transport rémunéré au prix officiel.

Les chauffeurs qui font le transport rémunéré en cette province du sud-ouest jubilaient ce samedi.

Deux stations ont distribué le carburant à Rumonge ce samedi. Les pêcheurs ayant suspendu les activités, aucune personne n’était autorisée à s’approvisionner en bidon.

En province de Rumonge, des gens qui s’approvisionnent à la pompe en bidon revendent le carburant au marché noir. Un litre coûte 10 000 francs burundais, plus du triple du prix officiel.

Des autorités locales sont pointées du doigt dans la spéculation du carburant, devenu une denrée très rare dans la petite nation de l’Afrique de l’est ces derniers temps.

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