Kakuma (Kenya) : les réfugiés burundais et congolais de plus en plus visés par des agressions

Kakuma (Kenya) : les réfugiés burundais et congolais de plus en plus visés par des agressions

En moins d’une semaine, plus de quinze réfugiés burundais et congolais du camp de Kakuma ont été victimes de vol, de menaces de mort ou alors de passage à tabac. Les auteurs des abus sont d’autres réfugiés, originaires du Soudan du Sud installés dans le même camp.Les intéressés jurent de se venger si la police n’intervient pas. Des responsables communautaires craignent un risque d’une montée de violence. (SOS Médias Burundi)

Selon nos sources, les victimes des abus sont généralement des agriculteurs, des motocyclistes ou encore des tenants de petit commerce dans le camp.

“En moins d’une semaine, nous avons compté plus de quinze réfugiés battus, dépouillés de leurs biens matériels ou des sommes d’argent ou encore menacés de mort. Les victimes sont des Burundais et Congolais”, explique un leader communautaire de la zone IV du camp de Kakuma.

Les agresseurs sont des réfugiés sud-soudanais de la tribu de Nuer, selon des sources dans le camp, et les proches des victimes qui demandent à la police d’intervenir.

“Pour le moment, nous sommes déterminés. Si la police n’intervient pas pour gérer la situation, nous allons nous venger. Nous ne pouvons pas croiser les bras face à des menaces de tous les jours. On va organiser des rondes nocturnes pour se protéger », affirment des réfugiés en colère.

Des réfugiés burundais expliquent que les sud-soudanais ne veulent plus « nous voir, nous et les Congolais dans le quartier où leur tribu de Nuer est majoritaire ».

Les représentants de réfugiés en appellent à la police d’être vigilante pour « éviter des violences inter-communautaires ».

De tels incidents sont fréquents à Kakuma, mais la police laisse des gardiens civils régler les affaires. Ces derniers sont pour le moment accusés par les réfugiés d’être corrompus.

Le camp de Kakuma (nord-ouest du Kenya) compte plus de 200 mille réfugiés, dont plus de 20 mille Burundais et plus de 50 mille Congolais.

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Photo : vue du camp des réfugiés de Kakuma

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