Tensions Rwanda-RDC : l’armée rwandaise annonce la mort d’un militaire congolais

Tensions Rwanda-RDC : l’armée rwandaise annonce la mort d’un militaire congolais

Il a été tué ce matin à la frontière entre le Rwanda et la RDC. L’armée rwandaise affirme que le militaire congolais qui n’a pas été identifié a ouvert le feu sur des agents de sécurité rwandais avant d’être tué. (SOS Médias Burundi)

L’incident s’est déroulé au poste frontière connu comme « Petite Barrière ». C’est à la frontière entre le Rwanda et la RDC, entre le district de Rubavu (ouest du Rwanda) et Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu (Est de la RDC).

« Ce matin, aux environs de 8h 45 minutes, un soldat congolais non identifié a traversé la frontière de la Petite Barrière dans le district de Rubavu et a commencé à tirer sur le personnel de sécurité rwandais et des civils tout en franchissant la frontière », indique un communiqué de l’armée rwandaise. Le document ajoute que le militaire congolais a blessé deux agents de la police rwandaise.

« Un agent de la police rwandaise a tiré dans le but de se défendre et protéger les agents d’immigration et les civils qui traversaient la frontière », poursuit le communiqué.

« Le soldat congolais a été touché mortellement à 25 mètres à l’intérieur du territoire rwandais », confirme l’armée rwandaise. Elle déclare avoir informé le mécanisme conjoint de vérification élargi de la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs) pour mener des investigations sur cet incident. Les officiels rwandais et congolais se sont rendus sur les lieux.

La tension est montée entre Kinshasa et Kigali ces dernières semaines suite à la reprise des combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23. Ces derniers ayant pris la cité frontalière avec l’Ouganda, Bunagana en début de semaine et les autorités congolaises continuant de croire qu’ils ont bénéficié d’un soutien et apport de l’armée rwandaise.

Cette semaine, le conseil supérieur de la défense en RDC a demandé au gouvernement de suspendre tous les accords et conventions qui lient le Congo et le Rwanda, le président de la chambre basse s’étant ouvertement pris au commandant en chef de l’armée de terre ougandaise le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Museveni qu’il accuse « avoir trahi le Congo en soutenant le Rwanda », tout en proposant la suspension des opérations conjointes entre les armées congolaise et ougandaise dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, des opérations lancées en novembre 2021 pour mettre hors d’état de nuire les groupes armés locaux et étrangers qui pullulent à l’est de la RDC.

Les accords concernant ces opérations venaient d’être prolongés de deux mois il y a quelques jours.

La situation reste tendue au moment où dans plusieurs villes, des personnes aux traits de Tutsis font objet d’une chasse à l’homme, y compris des membres des services de défense et de sécurité. Ce, malgré l’appel du conseil national de la défense à « éviter la stigmatisation et la chasse à l’homme ».

Même si les autorités congolaises continuent d’affirmer que des militaires rwandais combattent aux côtés des rebelles du M23, un mouvement composé pour la plupart de Tutsis congolais, aucun organe ne l’a déjà étayé. La Monusco (Mission de l’organisation des Nations-Unies en République Démocratique du Congo) a récemment déclaré « ne pas disposer de preuves sur ces allégations ».

Elle a aussi balayé d’un revers de la main les accusations du Rwanda selon lesquelles les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) collaborent avec les génocidaires FDLR dans la guerre contre le M23.

Dans une table ronde qui s’est tenue dans la capitale économique du Burundi Bujumbura cette semaine , la CIRGL a annoncé « avoir reçu les plaintes des deux parties » sans fournir plus de détails.

Le président du Kenya Uhuru Kenyatta a dans un communiqué dit que la hiérarchie militaire des pays de la Communauté Est-Africaine devrait se réunir à Nairobi pour parler des derniers préparatifs visant à « déployer une force régionale en RDC », appellant les groupes armés locaux et étrangers basés dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu ainsi que celle de l’Ituri « à déposer leurs armes et cesser les hostilités afin de se soumettre à un processus politique ».

Le Rwanda a toujours qualifié les affirmations de la RDC de « rumeurs sans fondement ».

__________________

Photo : un combattant du M23 après la prise de Bunagana

Previous Crise à l'est du Congo : le fossé se creuse de plus en plus entre le Rwanda et la RDC
Next Burundi : nouveau découpage administratif, les provinces sont réduites de 18 à 5