Nduta (Tanzanie) : bonne cohabitation entre les réfugiés burundais et la communauté d’accueil

Nduta (Tanzanie) : bonne cohabitation entre les réfugiés burundais et la communauté d’accueil

Des réfugiés burundais du camp de Nduta affirment qu’ils entretiennent de bonnes relations avec les Tanzaniens surtout du clan de Baha. Ces derniers parlent aussi une langue proche du Kirundi, la langue nationale du Burundi. (SOS Médias Burundi)

Même si le marché communément appelé
«Muungano» qui servait de rencontre permanente entre les réfugiés et la population d’accueil a été fermé, ces deux communautés affirment que les relations n’ont pas été coupées.

« Les Tanzaniens viennent avec des régimes de banane, des colocases,de la farine de manioc, de maïs ou des légumes. Comme les marchés sont fermés, ils font comme s’ils nous rendent visite et passent par des entrées non officielles. Les commerçants d’ici les stockent. Et nous, on sait que si on a besoin de banane, on se rend chez tel ou tel autre vendeur. C’est une sorte d’entraide mutuelle car eux ils ont besoin de l’argent et nous, nous avons besoin de vivres », racontent certains réfugiés burundais.

La communauté d’accueil et les réfugiés burundais ont également trouvé un moyen alternatif pour contourner la mesure qui empêche les Burundais de pratiquer l’agriculture à l’intérieur du camp.

« Nous allons chez les Tanzaniens, ils nous donnent des terrains et nous, nous leur offrons la main d’œuvre. Vers la fin, on partage la récolte. Si jamais, les gardiens veulent détruire ces champs, les Tanzaniens les protègent affirmant que ce sont leurs propriétés », expliquent des réfugiés.

Les centres de santé jouent aussi un grand rôle.

« Chez les Tanzaniens, les hôpitaux ne sont pas aussi bien équipés qu’au camp. Alors, ils viennent se faire soigner chez nous. Et ils viennent avec quelques articles pour nous les vendre ici. En tout cas, n’eut été l’administration locale qui les contraint de ne pas vivre en harmonie avec nous, la vie serait bonne », ajoutent des Burundais.

Dernièrement, plus de deux cents enfants ont été baptisés et une centaine de couples ont renouvelé leur voeu de mariage. Parmi eux, des Tanzaniens. C’est un prêtre tanzanien qui a béni la cérémonie.

« Vous voyez que nous, le bas peuple on s’aime  » expliquent des réfugiés.

Le partage de la langue renforce cette solidarité entre les réfugiés et les communautés tanzaniennes.

« Quand on discute, on n’a pas besoin de parler beaucoup de Swahili, on s’exprime en Kirundi et eux parlent ‘Giha’. C’est une langue proche du Kirundi. On se comprend parfaitement. Certains d’entre eux ont d’ailleurs des liens lointains de parenté dans les provinces de Ruyigi, Makamba et Cankuzo (au sud et à l’est du Burundi) où leurs arrières grands pères vivaient avant la colonisation et le partage de l’Afrique », disent des réfugiés, plus âgés.

Le camp de Nduta est situé dans le district de Kibondo, à 37 km de la frontière burundo-tanzanienne dans la région de Kigoma (nord-ouest de la Tanzanie).

Des réfugiés burundais demandent au gouvernement tanzanien de constater « ce bel exemple et nous laisser vivre en paix en attendant le retour de la stabilité chez nous».

Nduta est le camp qui abrite le plus grand nombre de réfugiés burundais en Tanzanie. Ils sont estimés à plus de 67 mille. Le second étant Nyarugusu qui héberge plus de 55 mille Burundais selon les chiffres du HCR au 31 mai 2022.

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Photo : le camp des réfugiés de Nduta

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