Kivu : le président Tshisekedi demande la réévaluation du plan de retrait de la Monusco
Le chef de l’État de la RDC, Félix Tshisekedi a demandé à son gouvernement ce lundi 1er août d’organiser une réunion avec la Monusco. Objectif : réévaluer le plan de retrait de la mission onusienne. La décision a été prise suite au bilan lourd des manifestations anti-Monusco qui lui a été présenté par la commission d’enquête qui a été envoyée au Nord-Kivu et Sud-Kivu (Est de la RDC) faisant état de 36 morts et plus de 150 blessés. (SOS Médias Burundi)
Ce bilan a été présenté par la commission spéciale du gouvernement qui a été déléguée dans le Nord-Kivu et Sud-Kivu à la suite des manifestations anti-Monusco déclenchées par la société civile et des groupes de pression le 22 juillet dernier.
Lors de cette réunion au format inter-institutionnel, à laquelle les présidents des chambres basse et haute du parlement ont pris part aux côtés des membres du gouvernement, les participants ont analysé la récente situation concernant les manifestations anti-Monusco.
« La commission avait pour objectif de faire l’évaluation générale de la situation, en faire le bilan et ensuite apporter le réconfort et le soutien du gouvernement aux populations qui ont été directement touchées par ces événements malheureux » a expliqué Patrick Muyaya, porte porte-parole du gouvernement congolais.
Le porte-parole indique que « cette commission a fait le point de la situation consécutive aux incidents graves et outrageants qui ont porté atteinte à la souveraineté de la République Démocratique du Congo au poste frontalier de Kasindi (entre la RDC et l’Ouganda).[…] ».
Et d’ajouter « il ressort de ce rapport un bilan lourd de 36 morts réparties comme suit : 13 morts en ville de Goma , chef-lieu de la province du Nord-Kivu, 13 morts en ville commerciale de Butembo dont 4 casques bleus de la Monusco, 4 morts dans la cité d’Uvira au Sud-Kivu, 3 morts dans la cité de Kanyabayonga toujours au Nord-Kivu et 3 morts dans la cité frontière de Kasindi. À cela s’ajoute près de 170 blessés dénombrés ».
Le président Tshisekedi a évoqué son entretien de lundi, avec le Secrétaire général des Nations-Unies à qui il dit avoir fait part de sa totale désapprobation du comportement des casques bleus à la base des incidents survenus à Kasindi (où des casques bleus du contingent tanzanien ont tiré sur des civils non armés dimanche dernier tuant 3 civils et blessant plusieurs autres) et de la nécessité de s’assurer que les coupables soient sévèrement sanctionnés.
Le collectif des mouvements citoyens et des groupes de pression indiquent que le gouvernement ne doit pas se limiter aux simples déclarations.
Ce bilan pourrait servir au gouvernement congolais de prétexte pour se retirer de la Charte de l’ONU qui ne contribue en aucune chose sur le plan sécuritaire et le développement de la RDC, estiment-ils.
« Avant l’arrivée de la Monusco en RDC, les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu ne comptaient que presque 20 groupes armés. Dès lors qu’ils sont arrivés, aujourd’hui nous comptons seulement au Nord-Kivu plus de 600 groupes armés et jusqu’à présent, aujourd’hui 22 ans de son existence en RDC, la Monusco n’a jamais été capable de défaire un seul groupe armé. Alors il n’y a rien qui justifierait sa présence ici, elle doit tout simplement quitter la RDC » s’est exprimé un militant de la Lucha (Lutte pour le changement).
______________________
Photo : rassemblement pacifique devant la base de la MONUSCO / DR
You might also like
Cibitoke : six écoliers blessés, plus de 600 maisons endommagées suite aux pluies torrentielles
Selon un bilan provisoire, six écoliers ont été grièvement blessés tandis que plus de 600 maisons ont été emportées par des pluies torrentielles mêlées de grêle et du vent qui
Nord-Kivu : des villages se vident de leurs populations
Plusieurs villages du groupement Jomba, territoire de Rutshuru au Nord-Kivu à l’est de la RDC se vident de leurs habitants suite à la reprise de combats depuis jeudi dernier, entre
Kibago : Mbizi sans un instant de répit
Six nouvelles interpellations ont été recensées ce lundi sur la colline de Mbizi, en commune de Kibago dans la province de Makamba (Sud du Burundi). Les interpellés sont soupçonnés d’appartenir
