Burundi : le premier ministre menace de chasser le représentant de la société de surveillance sur un projet de réhabilitation de la RN3
Un flou plane autour d’un projet de réhabilitation de la route nationale numéro trois RN3 sur le tronçon Rumonge-Nyanza-Lac (sud-ouest du Burundi). Il est reproché au représentant d’une société de surveillance de ce projet d’avoir refusé la validation des études déjà faites pour permettre le démarrage des activités. Le premier ministre burundais Alain Guillaume Bunyoni menace de le chasser du territoire burundais. (SOS Médias Burundi)
M. Bunyoni l’a déclaré jeudi dernier lors de sa visite en province de Rumonge pour constater l’état des lieux des travaux de réhabilitation de la RN3 reliant la ville commerciale Bujumbura aux provinces du sud-ouest.
« Il a ouvertement accusé la société de surveillance AECO – COBUCO d’avoir bloqué le démarrage des travaux par son refus de validation des études de ce projet pour le tronçon Rumonge-Nyanza-Lac », indique un témoin oculaire.
Le marché pour la construction a été attribué à une société chinoise dénommée « Tchiko », mais elle n’a pas non plus emmené le matériel technique et le personnel nécessaire pour les travaux.
La société chinoise aurait expliqué son retard par le fait que le gouvernement n’a pas encore terminé le processus d’indemnisation des habitants qui seront chassés par le traçage de la route.
Du flou
Même si le gouvernement est accusé de manquement à ses responsabilités, le premier ministre ne lâche rien contre le représentant de la société de surveillance du projet.
« C’est comme s’il y a un conflit direct entre Bunyoni et le représentant de la société de surveillance du projet. Mais c’est bizarre parce qu’il s’en prend à lui seul alors que son gouvernement n’a pas encore indemnisé les propriétaires de terrains où passera la route. Même la société chinoise qui a gagné le marché n’a jusqu’ici rien emmené comme matériel. Un flou planne dans l’affaire. En tout cas, la société de surveillance n’a pas d’intérêt à bloquer un projet si tout est en ordre », disent des sources proches de l’affaire.
Alain Guillaume Bunyoni a ordonné qu’une rencontre d’urgence soit organisée entre l’agence routière du Burundi (ARB), la société chinoise Tchiko et la société de surveillance d’origine koweïtienne pour vider les différends en deux semaines.
« S’il refuse de valider les études déjà faites, on va lui retirer son passeport et le sortir de la réunion. Et puis, on va entamer la procédure de son expulsion du pays. On peut même appliquer d’autres décisions politiques », a menacé le tout puissant premier ministre en avouant que « le projet n’appartient pas aux étrangers qui ne peuvent pas venir imposer au gouvernement du Burundi quoi que ça soit ».
Il a ordonné aux gouverneurs de Rumonge et Makamba de vider la question d’indemnisation au plus tard le 25 août.
Plus de 80 milliards de francs burundais sont bloqués à cause de ce retard et le gouvernement devra payer des intérêts de retard pour n’avoir pas utilisé ces fonds à temps, regrette le ministre burundais des finances.
Pour rappel, les travaux de réhabilitation de la route nationale numéro trois RN3, tronçon Rumonge-Nyanza-Lac ont été lancés début septembre 2021.
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Photo : Alain Guillaume Bunyoni, premier ministre burundais
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