Burundi : des sportifs remplacés par des non pratiquants dans une compétition internationale de Taekwondo
Une équipe de taekwondoïstes burundais qui s’est rendue dans des compétitions de Goyang World Taekwondo Poomsae Championships qui était programmée en Corée du Sud en avril et juin cette année n’a pas joué et n’est même pas revenue au Burundi. En réalité, les personnes qui ont été envoyées dans la compétition n’étaient pas des compétiteurs, c’était plutôt des non pratiquants qui, une fois à Séoul se sont volatilisés dans la nature. L’odeur de corruption serait à l’origine de la désertion. La présidente du comité national olympique menace de saisir la fédération mère de Taekwando. (SOS Médias Burundi)
La vraie équipe qui s’était distinguée dans les championnats nationaux comme ce fut le cas depuis 2010 n’a pas été autorisée de partir pour les compétitions.
Selon certaines sources, le président de la fédération burundaise de Taekwondo Cyprien Bigirimana a envoyé des gens qui n’ont jamais pratiqué le Taekwondo moyennant une somme de 1000 dollars chacun et ces derniers se sont enfouis une fois arrivés à Séoul , la capitale de la Corée du Sud.
« On n’avait toujours tiré la sonnette d’alarme sur les magouilles orchestrées par le président et des pots de vin qu’il exige. Pour taire toute voix discordante, même le sélectionneur de l’équipe nationale a été écartée de la délégation et remplacé par quelqu’un d’autre qui n’est même pas connu dans notre discipline. Ceux qui ont voulu contester ont été menacés par un officier des services de renseignements qui collabore avec lui. C’est un circuit qui était bien connu par certains hauts gradés de la police, de l’armée et des renseignements car l’argent était partagé », indique un membre du comité exécutif sous couvert d’anonymat. Il précise que le recrutement des candidats se déroulait au mess des officiers de la police situé en zone de Ngagara dans le nord de la ville commerciale Bujumbura, en présence d’officiers de la police impliqués dans cette affaire.
La rédaction de SOS Médias Burundi a pu joindre l’un des jeunes qui est parti au mois d’avril dans le même circuit. Il témoigne lui aussi sous couvert d’anonymat par peur des représailles.
« J’ai payé 1000 dollars pour figurer sur la liste. C’est un ami qui m’a contacté. Il m’a demandé si j’avais 1000 dollars pour aller en Corée du Sud, il m’a connecté au président de la fédération de Taekwondo, je lui est donné l’argent et deux semaines après j’ai voyagé. Et comme j’étais pas taekwondoïste, j’ai dévié car j’avais des connaissances ici », a-t-il affirmé.
Sur ce cas, le président de la fédération s’en lave les mains.
« C’est une situation qui perdure, ce n’est pas la première que des sportifs disparaissent à Séoul depuis 2012, ça a été le même cas cette année, moi j’ai envoyé les taekwondoïstes, s’ils ne sont pas revenus ce n’est pas ma faute, ce sont des organisateurs sud- Coréens qui devraient s’expliquer plutôt », s’est défendu Cyprien Bigirimana.
Du côté du comité national olympique, on n’en revient pas.
« On n’ était pas au courant de cette situation mais si c’est le cas, on va pouvoir saisir la fédération mère de Taekwondo pour stopper ça car ça freine l’essor des Athlètes Burundais », a dit Lydia Nsekera, présidente du comité national olympique du Burundi.
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