Burundi : la société de distribution de l’eau et de l’électricité entre dans l’importation du carburant

Burundi : la société de distribution de l’eau et de l’électricité entre dans l’importation du carburant

Les gestionnaires de stations- service sont invités à s’ approvisionner au stock de carburant au parc pétrolier de Gitega (capitale politique) de la Regideso. Les ventes ne dépasseront pas 30 mille litres d’essence et de gasoil. Sont exclues de cette invitation les stations de BUPP, Interpetrol, Mogas, Prestige, Delta et Yoc. Aucune explication sur l’exclusion n’a été donnée. (SOS Médias Burundi)

La Regideso demande aux acheteurs de carburant de prendre en charge les frais de transport de l’or noir.

Chaque station- service doit présenter un bordereau de versement des montants exigés à un compte ouvert au nom de la Regideso à la Bancobu (Banque commerciale du Burundi) ainsi qu’un permis d’exploitation valide.

Ce carburant vendu par la Regideso est arrivé au Burundi ce mardi en provenance de la Tanzanie. L’unique société étatique en charge de la distribution de l’eau et de l’électricité se lance dans l’importation des produits pétroliers au moment où le pays connaît une pénurie récurrente de carburant.

Des chaînes de véhicules sont toujours observées sur les stations -service dans la capitale économique Bujumbura où des citadins peuvent passer une semaine en quête de carburant, en vain. Dans les différentes provinces du pays, les stations-service peuvent passer plusieurs semaines sans être approvisionnées.

Une solution à court terme pour palier la pénurie de carburant et stabiliser les prix.

Une situation qui a entraîné la hausse des prix du ticket de transport et des denrées alimentaires.

Sur les réseaux sociaux, les internautes ont ironisé disant que « la Regideso se lance dans l’importation du carburant à défaut de fournir l’eau et l’électricité correctement ».

Pour d’autres, c’est une façon de « nationaliser le commerce des carburants », accusant le CNDD-FDD, parti au pouvoir d’avoir créé les pénuries afin de  » faire main- basse sur l’or noir comme pour les minerais ».

Récemment, le président Neva a donné un délai d’un mois pour trouver un remède à la pénurie de carburant, ce qui n’a pas séduit beaucoup de Burundais habitués à « marcher à pieds pour se rendre au travail ou laisser leur véhicule à la maison pour prendre des taxis collectifs très chers, les bus de transport ne trouvant pas de carburant depuis plusieurs mois ».

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Photo d´illustration : une station sans carburant à Bubanza

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