Affaire-Sahabo : son petit frère arrêté

Affaire-Sahabo : son petit frère arrêté

Étienne Sahabo, petit frère du docteur Christophe Sahabo a été arrêté ce mardi matin. Il est détenu dans un lieu tenu secret. Les renseignements burundais qui l’ont interpellé le soupçonnent de communiquer avec les actionnaires suisses après s’être rendu à la prison centrale de Bujumbura où son grand frère est emprisonné depuis des mois. Christophe Sahabo est poursuivi pour « avoir favorisé les actionnaires étrangers dans un hôpital où le gouvernement est actionnaire majoritaire ». Mais SwissMed International, une entreprise d’origine suisse qui affirme détenir la majorité des actions a toujours dénoncé une « détention arbitraire et un emprisonnement à caractère politique ». (SOS Médias Burundi)

Selon des témoins, Étienne Sahabo a été appréhendé par des agents du service national de renseignements (SNR) à son lieu de travail. C’est à la Banque de crédit de Bujumbura (BCB) dans la ville commerciale Bujumbura.

Il a été directement conduit au parquet de Muha (sud de Bujumbura). Notre rédaction n’a pas été en mesure de vérifier si Étienne Sahabo a été entendu par un magistrat ou pas. Mais un proche a confirmé à SOS Médias Burundi qu’il a été sorti du parquet avant d’être transféré vers une destination inconnue.

Le parquet général de la République et les renseignements burundais n’ont pas encore communiqué sur l’affaire.

Une source proche du dossier a expliqué à SOS Médias Burundi que le petit frère du docteur Christophe Sahabo serait soupçonné de « communiquer avec les actionnaires suisses après s’être rendu à la prison centrale de Bujumbura pour voir son grand frère ».

SwissMed International, actionnaire majoritaire de Kira Hospital s’est toujours opposée à la détention de M. Sahabo que l’entreprise qualifie d »’emprisonnement abusif à caractère politique ».

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L’ancien ADG de la plus prestigieuse clinique de la petite nation de l’Afrique de l’est est en détention depuis début avril cette année. Il a été forcé de « démissionner » de son poste par les renseignements burundais, d’après ses avocats qui dénoncent « une détention faite en violation de la présomption d’innocence ».

Mi mai, le président Neva a affirmé qu’il agirait de la sorte dans l’affaire Sahabo s’il était procureur.

« [….], si j’étais procureur je ferais de même. D’autres personnes ne cessent d’être relâchées grâce à mon intervention car moi aussi je fais mes propres petites enquêtes. Ceux-là qui disent que c’est moi qui le maintiens en détention, oh mon Dieu! C’est en quelque sorte vrai car je me suis décidé à retrouver partout où est caché l’argent du gouvernement. Dans un premier temps , ils disaient qu’il est victime de son appartenance ethnique. Les Burundais sont vraiment fatigués », a indiqué le président Neva dans une sorte de préambule , évoquant des questions de justice dans son pays lors de sa toute première conférence de presse.

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Et d’insister sur un ton plus convainquant « Moi quand je parle, je dois être sûr de la valeur des actions du gouvernement pour déterminer les bénéfices que nous allons récolter ».

Et d’énumérer les actions des sociétés para- étatiques dans la clinique Kira Hospital.

« Imaginez, la Sobugea qui est Burundi Airlines y a placé trois milliards, la Socabu (Société d’assurance du Burundi) y a injecté plus de sept, l’INSS (Institut national de sécurité sociale) y a un montant qui n’est pas inférieur à cinq milliards sans parler de la Camebu (centrale d’achat de médicaments essentiels du Burundi) et de l’ONPR (Office national des pensions et risques professionnels…de façon que c’est le gouvernement qui se trouve être l’actionnaire principal. Il y a eu une enquête privée qui a démontré que les actions du gouvernement représentent 70% environ. Moi j’ai exigé à ce que l’on combine les actions et quand au moment du processus l’on découvre des irrégularités, ce n’est pas très compliqué l’on doit déclencher des procédures judiciaires. Là je ne peux plus intervenir. Moi j’ai dit qu’il faut chercher l’argent du pays pour ramener des bénéfices afin de pouvoir l’utiliser dans les besoins du pays ».

Mais selon plusieurs sources et des documents officiels que SOS Médias Burundi a vu, c’est l’entreprise suisse qui est l’actionnaire principal de la plus prestigieuse clinique du Burundi.

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Photo : Étienne Sahabo / DR

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