Affaire Banciryanino : le ministère public a requis deux ans et deux mois de prison
L’ancien député Fabien Banciryanino (2015-2020) a comparu ce vendredi devant la cour d’appel de Ntahangwa (nord de la capitale économique Bujumbura). Initialement poursuivi pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État, rébellion, dénonciation calomnieuse et outrage à chef de l’État », deux charges restent retenues par la cour à savoir « rébellion et atteinte à la sécurité intérieure de l’État ». Le parquet a requis contre lui deux ans et deux mois de prison. (SOS Médias Burundi)
Pour l’infraction d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État, le ministère public reproche à Banciryanino d’avoir voulu tenir une conférence de presse sans l’autorisation préalable de l’administration. « Je voulais démentir les informations entachant ma personne qui circulaient sur la chaîne Iyakure TV. Et surtout que j’avais informé la mairie. Je ne m’attendais pas à une autre autorisation quelconque », s’est défendu M.Banciryanino.
Pour celle de rébellion, le parquet explique qu’il a refusé de remettre à l’ex cheffe de zone de Ngagara (nord de Bujumbura) son titre de propriété. Tout commence quand l’ex cheffe de zone de Ngagara accuse Fabien Banciryanino d’avoir dépassé les bornes de sa parcelle en construisant dans la zone interdite tout près de la rivière Ntahangwa. L’ancien député n’a pas nié le refus mais se défend. « L’ex cheffe de zone de Ngagara faisait partie des gens qui me harcelaient. Je ne pouvais pas lui confier les documents, mais j’avais promis de les remettre plutôt à ses supérieurs », a-t-il dit.
Le parquet a requis contre M. Banciryanino une peine de 2 ans d’emprisonnement pour la première infraction ainsi que 2 mois de prison et une amende de 100.000 Francs burundais pour la deuxième.
Le verdict va tomber dans un délai ne dépassant pas trente jours. « Le dernier arbitre c’est le juge. Nous sommes confiants que les changements qui se manifestent dans différents domaines concernent aussi la justice. Nous avons eu le temps suffisant de présenter nos plaidoiries. Maintenant c’est le juge qui a le dernier mot », a réagi Maître Christophe Nkeringanji, un des avocats qui assistent M. Banciryanino.
Fabien Banciryanino a été arrêté le 2 octobre 2020. Brièvement retenu au cachot du commissariat municipal de la police, il a été transféré à la prison centrale de la capitale économique où il est toujours détenu. Durant les cinq ans qu’il a passé à l’Assemblée Nationale du Burundi, Fabien Banciryanino est connu pour son franc parler.
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Photo : Fabien Banciryanino devant la cour d’appel de Ntahangwa, le 19 mars 2021
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