Rwanda- RDC : le gouvernement rwandais reproche aux autorités congolaises de multiplier des accusations inacceptables

Rwanda- RDC : le gouvernement rwandais reproche aux autorités congolaises de multiplier des accusations inacceptables

Le gouvernement rwandais a réagi dans un communiqué lundi, aux accusations de l’armée congolaise qui lui reproche de soutenir les rebelles du M23. Selon le communiqué du gouvernement rwandais, les accusations de la RDC sont sans fondement et inacceptables. Au moins quatre civils sont morts dans les combats entre les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et le mouvement du 23 mars depuis jeudi dernier, a annoncé l’armée congolaise. (SOS Médias Burundi)

Contrairement aux affirmations du président de la RDC que son pays se concentre sur une solution diplomatique à l’insécurité qui prévaut à l’est du Congo, les récents communiqués et actions montrent plutôt que le gouvernement congolais est décidé à continuer sur la voie d’une escalade militaire sans fin, a regretté le gouvernement rwandais dans un communiqué que la porte-parole Yolande Makolo a partagé sur son compte Twitter. Le communiqué parle de « provocations renouvelées des FARDC ».

« Le choix des FARDC de renouveler les attaques contre le M23, un groupe armé congolais, est en violation des mécanismes régionaux de sécurité concertés, inclus les processus de Nairobi et Luanda. L’incitation à la haine ethnique continue, l’usage des armes lourdes visant la zone frontalière du Rwanda et les accusations sans fondements contre le Rwanda sont inacceptables », peut-on lire dans le document.

Dans un communiqué, l’armée congolaise avait affirmé dimanche que « les bombes larguées dans la zone de combats avec les rebelles du M23 depuis jeudi dernier appartiennent à l’armée rwandaise ».

Les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) avaient également déclaré que « ce sont des militants rwandais qui ont largué ces bombes qui ont tué quatre civils et blessé quarante personnes ».

En dépit des provocations des autorités congolaises et mouvements armés, le Rwanda réitère son engagement à une solution sécuritaire stable, pacifique s’inscrivant dans le cadre régional, ont confirmé les autorités rwandaises.

« Toutefois, les tentatives perpétuelles de faire du Rwanda un bouc émissaire dans les problèmes internes de la RDC ne cesseront d’être catégoriquement rejetées », poursuit le communiqué.

Depuis plusieurs mois, l’armée congolaise et les autorités congolaises accusent publiquement l’armée rwandaise de soutenir les rebelles du M23, un mouvement rebelle congolais qui contrôle la cité frontalière de Bunagana à la frontière avec l’Ouganda et plusieurs localités dans le territoire de Rutshuru en province du Nord-Kivu (Est de la RDC) et d’avoir envoyé des militaires combattre aux côtés des rebelles.

Plusieurs manifestations anti- Rwanda et anti- Tutsis ont eu lieu dans beaucoup de villes congolaises lors des derniers mois. De dizaines de civils assimilés aux Tutsis rwandais et aux membres de la communauté Banyamulenge ont été tués lors de ces manifestations, ce que le gouvernement congolais a condamné. Le M23 est un mouvement rebelle perçu comme un groupe dominé par des Tutsis congolais par les autorités congolaises.

En juin cette année, les chefs d’Etat de l’EAC ont décidé l’envoi d’une force régionale dans l’est du Congo. Seuls le Kenya et le Burundi ont déjà déployé des militaires dans le Sud-Kivu et le Nord-Kivu dans ce cadre.

Les présidents rwandais et congolais eux, se sont rencontrés à Luanda en Angola pour essayer d’éviter l’escalade de la situation.

C’est après la mort d’un militaire congolais tué par la police rwandaise à la frontière des deux pays et la remise de deux militaires rwandais à l’armée rwandaise, des militaires capturés sur le champ de bataille dans les rangs du M23 selon les FARDC et enlevés à la frontière avec le Congo dans une opération conjointe entre les FARDC et les FDLR, d’après l’armée rwandaise.

« Les FARDC continuent d’opérer ensemble avec les milices armées, inclus les FDLR », accuse le gouvernement rwandais.

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L’est du Congo, une région très riche en minerais peine à retrouver la paix depuis plus de deux décennies suite à la multiplication de groupes armés locaux et étrangers. Plusieurs officiers congolais, accusés de collaborer avec ces mouvements rebelles, de leur fournir des uniformes et armes ont été arrêtés ces dernières années.

L’une des promesses électorales du président Tshisekedi était de « mettre fin à l’insécurité dans l’est du Congo ».

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