Nduta (Tanzanie) : émeutes entre la police et des réfugiés burundais
Depuis le week-end dernier, la police procède à la traque des commerçants qui tiendraient de petit business à la maison. Des boutiques sont aussi détruites. La colère des réfugiés est montée et ils ont jeté des pierres sur les policiers. Le HCR a essayé de calmer la situation. (SOS Médias Burundi)
Les zones 18, 19, 20 et 21 ont été particulièrement ciblées. La police recherche des articles de boutiques qui seraient vendus dans de maisons alors que tous les marchés et stands ont été de nouveau fermés.
La colère est montée quand les éléments de la police ont détruit des maisons d’habitation, servant de boutiques.
« Ils venaient de détruire au moins dix maisonnettes dont celles habitées par des veuves pour la simple raison qu’ils y ont trouvé des fruits, des légumes, des bonbons ou encore un casier de fanta à vendre. Alors, on ne pouvait pas rester les bras croisés. Certains d’entre nous ont lancé des pierres à l’endroit de la police. Cette dernière a usé du gaz lacrymogène pour nous disperser. Il y a eu des blessés des deux côtés, mais pas graves », racontent des réfugiés burundais.
Le HCR est intervenu pour calmer la situation.
« Sans surprise, un agent du HCR est venu mais il n’a pas condamné ces actes de destruction des maisons que le HCR avait lui-même construites pour les réfugiés. Il nous a juste dit de ne plus lancer des pierres aux policiers, de les laisser faire leur travail et d’éviter des confrontations, ce qui montre que le HCR est soit impuissant ou complice », regrettent des Burundais.
Des interpellations…
Plusieurs réfugiés, surtout des jeunes gens ont été arrêtés. Ils sont en détention.
« Nous demandons au HCR de dénoncer notre persécution et d’intervenir pour que nos compatriotes soient libérés. Nous sommes vraiment malheureux ici dans les camps en Tanzanie », ajoutent des réfugiés burundais.
Les réfugiés estiment qu’il s’agit des manœuvres déguisées pour leur forcer au rapatriement car, soulignent-ils, les gouvernements du Burundi et de la Tanzanie se sont convenus que tous les réfugiés doivent rentrer « de gré ou de force ».
Ils demandent à la communauté internationale et au HCR- division Afrique de l’Est d’intervenir pour le respect des conventions relatives à la protection des réfugiés.
Nduta est un grand camp de réfugiés burundais en Tanzanie, comptant à lui seul plus de 76 mille personnes.
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Photo d’illustration : une femme devant sa maison dans le camp de Nduta
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