Kirundo : un responsable des Imbonerakure en détention
Le chef des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti CNDD-FDD) du quartier de Nyange-Bushaza au centre urbain de Kirundo (nord du Burundi) vient de passer une semaine au cachot de la police judiciaire de Kirundo. Le motif de son incarcération est : coups et blessures infligés à trois personnes dont un chef de cellule située sur la même colline et une femme qui portait un enfant sur le dos. Les instances judiciaires comptent déjà 21 victimes de sa violence sans parler des cas de meurtre dans lesquels son nom est cité. (SOS Médias Burundi)
Le chef des Imbonerakure du quartier de Nyange- Bushaza est connu généralement sous le sobriquet de Madora.
Selon des Imbonerakure, il a battu le sous-chef de colline Thadée pour avoir refusé de fermer son cabaret alors qu’il était 20h 30, le 14 février dernier.
« Tu ne me fais pas peur. Je peux te gifler et assumer la suite », s’est vanté Madora.
« Aussitôt dit, aussitôt fait. Madora n’a pas tardé à lui donner deux grands coups de points sur la tête et l’homme a perdu connaissance devant sa femme, ses enfants et ses clients », a expliqué un témoin de la scène.
Après avoir vu ce qui arrivait à cet élu collinaire, le responsable local des Imbonerakure a pris fuite.
Nos sources précisent qu’en prenant la fuite, il a bousculé et frappé une femme du même quartier qui avait un bébé sur le dos. Cette dernière est tombée par terre par l’arrière et l’enfant a risqué la mort.
« L’ enfant a perdu connaissance au moins pendant 45 minutes. Nous avons alerté la police qui est arrivée le plus rapidement possible mais il avait déjà pris le large », a précisé un temoin sur place.
L’agresseur sera interpellé le lendemain, selon des sources locales.
Les victimes ont été la même nuit acheminées à l’hopital de province. Les frais de soins équivalent à 87 mille francs burundais. Ils ont été payés par Madora.
Nos sources font savoir que l’officier de police judiciaire a exigé Madora à payer une somme de 210 mille francs burundais comme frais de dédommagement afin qu’il soit libéré.
Un juge principal à la cour d’appel de Ngozi (nord) s’est opposé à sa libération car il a en sa possession plusieurs dossiers de violences commises par l’intéressé, a-t-on appris.
Il aurait d’ailleurs dit que les trois personnes s’ajoutent à une liste de victimes de sa violence, au nombre de 21.
Madora est cité dans des actes de meurtre depuis plusieurs années dont l’assassinat de l’ex-administrateur de la commune de Kirundo Serges Barutwanayo sauvagement tué en 2014.
Des habitants de la province de Kirundo exigent des sanctions sévères contre Madora « qui se comporte en petit dieu de quartier », selon eux.
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Photo d’illustration : des Imbonerakure en parade militaire lors d’une journée leur dédiée
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