Mahama (Rwanda) : hausse exponentielle des prix des denrées alimentaires

Mahama (Rwanda) : hausse exponentielle des prix des denrées alimentaires

En moins de cinq mois, presque tous les produits vivriers ont doublé voire triplé de prix. Les réfugiés soulignent que les distributions en monnaie qu’ils reçoivent ne peuvent même pas suffir pour deux semaines alors qu’elles sont destinées à couvrir tout un mois, sans parler des retards. (SOS Médias Burundi)

Nos sources ont évalué les prix des produits alimentaires de base pendant cinq mois. Des réfugiés n’en reviennent pas.

«un kg de haricot est passé d’entre 650 et 800 francs rwandais jusqu’à 1100 voire 1300 Frw suivant la qualité, 1kg de banane et de pommes de terre est passé respectivement de 200 à 400 Frw et de 350 à 700 Frw. Des produits comme les patates douces, les maniocs et les légumes qui ne se vendent pas par kilo mais par tas ont doublé voire triplé de prix , de même que le riz, la farine de maïs et l’huile de cuisine. Même le lait est passé de 250 à 350 Frw pour un demi-litre », expliquent des réfugiés burundais.

Pire encore, disent-ils, « personne n’achète plus de vêtements ou de paires de chaussures, des enfants marchent pieds nus et presque torse-nue».

Aide insignifiante…

Au début du mois de février dernier, les quotas de la ration ont été revus à la hausse pour certains réfugiés. Le montant mensuel en monnaie alloué à chaque réfugié au camp de Mahama est passé de 7.000 Frw (7 USD) à 10.000 Frw (10 USD) pour les plus démunis (Catégorie sociale I) et de 3.500 Frw à 5.000 Frw pour les autres réfugiés (Catégorie sociale II).

Le PAM a expliqué cette amélioration des conditions de vie des réfugiés burundais et congolais du camp de Mahama par la cherté de la vie.

« Vu la montée des prix sur le marché au camp de Mahama et dans ses environs, le PAM s’est concerté avec le HCR et le Minema, le ministère en charge des réfugiés. Le résultat est la hausse de sa contribution mensuelle en monnaie allouée à chaque réfugié », a indiqué le PAM.

Pourtant, quoi que saluée, la hausse ne répond pas à l’exigence du marché d’après les réfugiés.

« A voir le panier ménager, cette somme ne suffit même pas pour couvrir deux semaines alors qu’elle devrait durer 30 jours. Et si c’est une famille de petite taille ou un seul individu, la grande partie du mois n’est pas couverte, d’où très dure car plus un ménage est de petite taille, moins il reçoit d’aide », déplorent des réfugiés.

Les réactions sont mitigées , certains réfugiés veulent que le PAM revienne sur l’ancien système de distribution vivrière pour espérer de joindre les deux bouts du mois alors que d’autres recommandent la hausse des contributions des ONGs humanitaires dans ce camp qui s’agrandit du jour au jour avec l’arrivée des réfugiés congolais ces derniers temps.

Le camp de Mahama situé plus à l’Est du Rwanda compte actuellement plus de 45 mille réfugiés à majorité burundais, le reste étant des Congolais.

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Photo d’illustration : un marché de vivres au camp de Mahama au Rwanda

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