Burundi : célébration de la Journée internationale de la femme sur fond de pauvreté extrême

Burundi : célébration de la Journée internationale de la femme sur fond de pauvreté extrême

La Célébration de la journée internationale de la femme a eu lieu ce mercredi 8 mars au stade Urunani de la commune de Buganda dans la province de Cibitoke (nord-ouest du Burundi). C’était en présence de hauts dignitaires du pays dont le Vice-président de la République Prosper Bazombanza. Les femmes rurales présentes dans les festivités se lamentent. Elles dénoncent une célébration qui coûte énormément chère alors que beaucoup d’entre elles n’ont même pas de quoi mettre sous la dent. (SOS Médias Burundi)

Dans son discours, Prosper Bazombanza a demandé aux femmes de faire preuve de solidarité avec celles qui sont en difficulté. C’est à une cinquantaine de kilomètres de la capitale économique Bujumbura que la célébration a eu lieu.

La plupart des participants, surtout des femmes rurales, estiment que la fête intervient au moment où la pauvreté gangrène la majorité des ménages.

« C’est à peine que nous parvenons à avoir de quoi mettre sous la dent, ne fût-ce qu’une fois par jour », déplore une femme venue de la commune voisine de Murwi.

Une femme rurale en province de Bubanza à l’ouest du Burundi

Sur un ton pour le moins sincère, une femme, fonctionnaire de l’État venue de la capitale politique Gitega au centre du pays, abonde dans le même sens.

« Nous sommes venues des 4 coins du pays pour célébrer la journée. Nous sommes contraintes d’acheter des pagnes de même couleur et de faire le déplacement là où la fête est organisée sur nos propres frais, alors que nous n’avons pas d’argent pour payer le loyer encore moins la nourriture », insiste-t-elle avec colère sous un soleil de plomb.

Au chef-lieu de la commune de Buganda, une femme, agricultrice de son état, se lamente.

« Vu les moyens financiers extrêmement colossaux dépensés, ces derniers devraient plutôt servir à assister les femmes vulnérables frappées par la pauvreté et les maladies ».

Et de renchérir ‘’D’énormes sommes d’argent sont englouties dans les dépenses liées au rafraîchissement des participants au lieu d’aller sauver les vies humaines en détresse en instance de mourir de faim ».

Une des femmes, activiste des droits de la femme établie dans la région de l’ouest du pays a clairement signifié à SOS Médias Burundi que la journée du 8 mars a perdu toute son originalité.

« Il devrait y avoir des actions pour soutenir les femmes engagées dans différents projets de développement communautaire pour faire face à l’extrême pauvreté, en lieu et place des longs discours prononcés chaque année et qui n’améliorent en aucune façon les conditions de vie, surtout des femmes rurales et partant de toute la société burundaise dans son entièreté », regrette-t-elle.

A en croire ces propos, cette femme engagée depuis de nombreuses années pour la défense et la promotion des droits de la femme semble sceptique pour ce qui est de l’égalité du genre.

« La participation des femmes et des hommes est source de développement politique, social et économique. Mais le problème se trouve au niveau de l’engagement du leadership féminin et de la politique du pays », nous éclaire-t- elle davantage.

Deux cultivatrices dans un champ de haricots dans le nord-est du Burundi

De son avis, les organisations féminines ne sont pas solidaires pour défendre une même et unique cause et manquent d’unité et de cohésion.

« Dans la plupart des cas, le pouvoir en place du CNDD-FDD a créé et soutient ses propres associations qui se comportent comme des organes ou tout simplement des formations politiques », fustige-t-elle.

Dans son discours, le Vice-président de la République a demandé aux femmes venues des quatre coins du pays de partager avec les plus vulnérables en guise de solidarité. Prosper Bazombanza demande aux Burundais en général et aux femmes en particulier d’utiliser l’internet et réseaux sociaux à des fins constructives dans le respect des mœurs et des coutumes burundaises, et surtout pour des activités de développement socioéconomique et politique, un appel en phase avec le thème de la journée de cette année.

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Photo : le vice-président Prosper Bazombanza et le premier ministre Gervais Ndirakobuca en marge de la célébration de la Journée internationale de la femme à Buganda, le 8 mars 2023

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