Meheba (Zambie) : enfin, des cartes d’identité distribuées aux réfugiés
Les services de l’immigration en Zambie ont commencé une campagne de distribution de trois certificats de réfugiés nécessaires pour circuler librement. Les réfugiés s’en réjouissent et réclament que le permis de sortie du camp se suffise à lui-seul pour garantir une liberté de mouvement. (SOS Médias Burundi)
Au camp de Meheba en Zambie, les réfugiés jubilent car ils disent que leurs prières ont presque été exaucées par les services de l’immigration. C’est suite à l’opération de distribution de trois documents d’identification des réfugiés et demandeurs d’asile dans ce pays.
Il s’agit d’un certificat de réfugié, d’une carte orange pouvant aussi servir de mutuelle de santé dans certains cas et d’un permis de sortie du camp pour ceux qui le souhaitent.
« Le problème est que pour sortir et aller faire du business par exemple dans les centres urbains, on doit se munir de tous ces trois documents. Nous trouvons que c’est encombrant, un seul document, par exemple l’autorisation de sortie, devrait se suffir, car on ne peut pas l’avoir sans qu’on soit réfugié et elle contient toutes les données possibles», suggèrent des réfugiés ainsi que leurs leaders.
Mais pour l’immigration, pas question de « se faciliter la vie, car chaque document a sa spécificité et son rôle ».
Les agents de l’immigration découragent cependant toute sortie non autorisée des réfugiés à qui il est strictement recommandé de rester dans les camps.
« Nous voulons vous assurer qu’après cette campagne, il n’y aura plus de tolérance car vous aurez eu tous les documents d’identification nécessaires. Sinon, ceux qui seront pris seront punis conformément à la loi car ce sera leur négligence », ont souligné les agents.
Néanmoins, des réfugiés dénoncent des cas de favoritisme et demandent aux leaders communautaires de faire preuve d’équité envers tous les occupants du camp.
« Le centre de distribution de ces documents se trouve au niveau du Bloc D, Road 36. Celui qui vient du Bloc A peut payer jusqu’à 100 kwacha zambien pour s’y rendre. Et s’il rentre bredouille pour retourner deux ou trois fois de plus, vous vous imaginez le coût. Raison pour laquelle nous voulons plus de transparence dans cette opération», plaident des réfugiés.
Cette initiative est toutefois saluée par des réfugiés qui ajoutent que même la durée du permis de sortie du camp est revue à la hausse, allant jusqu’à trois mois contre un mois auparavant.
Ces réfugiés font savoir qu’ils vont devoir aller faire du business, du petit commerce ou encore rendre visite à leurs connaissances sans avoir peur d’être interpellés à tout moment.
Ces derniers temps, l’immigration zambienne avait arrêté de nombreux réfugiés dans les centres urbains et contraint d’autres à retourner dans les camps. Elle avait expliqué que c’était une façon de préparer un programme de ramener l’ordre dans la gestion des réfugiés.
Le camp de Meheba compte plus de 27 mille réfugiés dont trois mille originaires du Burundi.
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Photo d’illustration : des réfugiés burundais sur un centre de santé à Meheba
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