Burundi : un partenariat problématique en préparation entre la SOSUMO et Sarrai Group
Une correspondance du chef de cabinet civil du chef de l’Etat instruit la direction de la SOSUMO (Société sucrière du Moso) d’accélérer le processus de partenariat avec Sarrai Group, une société ougandaise, dans le but d’augmenter la production du sucre dans la petite nation de l’Afrique de l’est. Mais certains employés disent ne pas connaître le contenu de ce partenariat et indiquent avoir peur des conséquences qui pourraient subvenir surtout qu’ils ne sont pas associés dans ce processus. C’est dans un contexte où la SOSUMO a suspendu ses activités et où le sucre est devenu une denrée extrêmement rare dans le pays. (SOS Médias Burundi)
La nouvelle sur le partenariat de la sosumo avec Sarrai Group a filtré sur les réseaux sociaux.
Pourtant , certains employés de la Société sucrière du Moso nous ont indiqué ne rien savoir sur ce partenariat.
« Nous avons entendu parler de ce partenariat à la radio mais la direction de notre société et le conseil d’administration ne nous en ont jamais parlé », ont-ils affirmé.
Ces salariés disent craindre pour leur avenir s’il advenait que ce partenariat auquel ils n’ont jamais été associés soit mis en œuvre.
Dans sa récente correspondance, le chef de cabinet civil au bureau du président Neva, fait savoir que les activités d’extension de la SOSUMO et ce partenariat doivent démarrer avec le mois de janvier 2024.
Selon une autre source à la présidence, l’objectif de cette course à la montre pour le démarrage de ce partenariat est que cela doit être annoncé par le président de la République dans son discours à la Nation de fin d’année 2023.
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Le général de brigade Aloys Sindayihebura affirme dans la même lettre que « le gouvernement burundais envisage de construire une deuxième usine de production de sucre parallèle à la SOSUMO pour augmenter la production du sucre ».

Toutefois, cette usine va tirer sa matière première des mêmes plantations de cannes à sucre que la SOSUMO, a-t-il ajouté. Les cannes à sucre produites par la population doivent être comptabilisées et achetées pour compléter la production de la SOSUMO, selon ce document.
Ce partenariat se profile à l’horizon au moment où le sucre SOSUMO est presque introuvable dans le pays.
A la surprise générale, la campagne du sucre qui devait se clôturer le 23 décembre 2023 a été interrompue fin novembre.
Le ministre de l’Agriculture qui a confirmé cet arrêt de la campagne sucrière a justifié cela par de fortes précipitations qui empêcheraient les engins de récupérer les cannes se trouvant dans les plantations à cause des enlisements.
« La rivière Maragarazi a débordé de son lit. Les eaux de cette rivière ont inondé les plantations de cannes à sucre, ce qui rend impossible la collecte des cannes », ont souligné des salariés de la SOSUMO contactés par SOS Médias Burundi.
Cette saison, la production du sucre n’a été que de treize mille tonnes. Très peu par rapport aux prévisions de la direction générale de la SOSUMO qui estimait pouvoir produire jusqu’à vingt mille tonnes. Ces employés affirment que l’atteinte de cet objectif était impossible surtout que la campagne avait été retardée par les travaux de réparation de deux chaudières.
Le Conseil des ministres du mercredi 13 décembre dernier a décidé d’autoriser l’importation du sucre à partir de l’étranger pour tenter de résoudre le problème de sa pénurie.
Néanmoins, cette importation semble tout aussi problématique, la ministre du Commerce en personne ayant admis qu’aussi bien la SOSUMO que les commerçants désireux d’en importer, ont des difficultés à trouver les devises nécessaires pour commander le produit à l’extérieur du pays.
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Photo : des tracteurs dans un champ de cannes à sucre dans le sud-est du Burundi, DR
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