Nduta (Tanzanie) : deux grandes structures de santé seront fermées en février
Au camp de Nduta en Tanzanie, les réfugiés dénoncent des mesures drastiques prises à leur encontre. Le HCR vient d’annoncer que deux structures de santé vont être fermées en ce mois de février. Les réfugiés craignent le pire. (SOS Médias Burundi)
La mesure a été annoncée ce jeudi dans une réunion d’évaluation hebdomadaire tenue avec les responsables des zones et villages du camp de Nduta. Le HCR a confirmé et officialisé une décision qui était considérée comme une rumeur.
« Deux structures sanitaires doivent être fermées. Ce sont les centres de santé des zones 15 et 12 qui seront fermées respectivement en date du 12 et 29 février. C’est une décision irréversible en grande partie dictée par le ministère tanzanien de l’Intérieur qui gère ce camp », ont déclaré les agents du HCR, apparemment « eux aussi surpris par une telle mesure » à en croire des leaders communautaires qui ont participé à cette réunion.
Ces postes de santé sont parmi ceux qui reçoivent plus de gens à Nduta.
« Celui de la zone 12 peut accueillir facilement entre 300 et 350 patients par jour et celui de la zone 15 reçoit entre 150 et 250 malades par jour », révèlent des volontaires médicaux de ce camp.
Alors que ce camp comptait cinq structures médicales, les inquiétudes de débordement sont imminentes.
« Imaginez que même pour le moment, les hôpitaux ne parvenaient pas à satisfaire toutes les demandes des patients, et alors, les trois qui restent ne pourront en aucun cas servir plus de 64.000 réfugiés qui sont ici. C’est donc une mesure qui met en danger la santé de tout ce monde », déplorent des infirmiers et volontaires médicaux, essentiellement Burundais.
Pour ces réfugiés, un mauvais tournant s’annonce inévitablement.
« Sans doute que c’est la mise en application de l’annonce de la présidente tanzanienne ainsi que celle de la commission tripartite qui ont déclaré vouloir nous chasser des camps d’ici la fin de l’année. Mais tout au moins, ils devraient continuer à préserver nos droits à la santé », disent des réfugiés tout en regrettant que « le HCR est devenu un acteur impuissant » face à ce qu’ils qualifient de violation grave des conventions relatives à la protection des réfugiés.

Ils craignent le pire et appellent les activistes à plaider en leur faveur.
« Nous estimons que les vrais activistes de droits humains en Tanzanie devraient se saisir de cette question, par exemple la commission nationale des droits humains ainsi que des organisations sous régionales et internationales. Nous sommes à la merci des gens qui ne se soucient plus de nos droits. Nous en appelons au secours », laissent-ils entendre, faisant savoir que « les menaces sont sérieuses, nous serons chassés de force ».
Fin janvier dernier, la présidente tanzanienne Samia Suluhu a annoncé sa ferme volonté de renvoyer dans leur pays d’origine les plus de 250.000 réfugiés présents sur le sol tanzanien. Si officiellement, ces réfugiés doivent partir volontairement, la pression sur eux est de plus en plus forte comme le soulignent des Burundais du camp de Nduta.
Longtemps considérée comme une terre d’accueil pour les réfugiés en provenance des pays voisins (les Burundais en 1972 et en 1993, les Rwandais en 1994 ou encore les Congolais depuis le début des années 1960), la Tanzanie estime aujourd’hui avoir déjà fait sa part.
D’autant plus que l’aide internationale en leur faveur ne cesse de diminuer et qu’elle considère ces réfugiés de plus en plus comme une potentielle menace sécuritaire.
D’après les données du HCR, la Tanzanie compte plus de 250.000 réfugiés dont plus de 130 mille Burundais, le camp de Nduta abritant à lui seul la moitié de ces Burundais.
____________________________________________
Photo d’illustration : des élèves et écoliers rentrent de l’école au camp de réfugiés burundais de Nduta
You might also like
Dzaleka (Malawi) : trois réfugiés tués en une semaine
Un groupe d’hommes armés à l’arme blanche sèment la terreur pendant la nuit au camp de Dzaleka au Malawi, selon des réfugiés. Au moins trois réfugiés ont été tués à
Nakivale (Ouganda) : plusieurs partenaires veulent mettre fin à la stigmatisation des épileptiques
Au camp de Nakivale en Ouganda, l’épilepsie toucherait un peu plus de 400 réfugiés. Ces derniers disent être exclus par le reste de la communauté. Une campagne de conscientisation pour
Covid-19: le HCR réforme son système de distribution des vivres dans les camps de réfugiés en Tanzanie
Depuis 2015, les réfugiés burundais recevaient des vivres pour une durée de 28 jours.Mais en cette période de Covid-19, ces Burundais vont recevoir la ration alimentaire de deux mois pour
