Rutana : plusieurs personnes arrêtées dans une fouille policière qui visait les irréguliers
Plusieurs personnes ont été arrêtées au chef-lieu de la province de Rutana (sud-est du Burundi) dans une fouille policière ce mardi matin.Certaines ont été libérées moyennant payement d’une amende de 5000 francs burundais, chacune. (SOS Médias Burundi)
L’opération qui a commencé à 6h a duré deux heures, selon des témoins.
Elle visait les irréguliers, selon des sources policières.
« On devrait contrôler que le cahier de ménage est bien rempli. Toute personne non inscrite dans le cahier de ménage a été interpellée », raconte une source policière sous couvert d’anonymat.
Plusieurs chefs de ménage ont été obligés de corrompre des policiers pour qu’ils ne soient pas appréhendés, d’après des concernés.
Les interpellés ont été emmenés au commissariat communal de la police. Certains ont été relâchés après payement d’une amende de 5000 francs burundais par tête.
Racket
La province de Rutana est parmi les rares régions de l’intérieur du pays dont les autorités exigent le cahier de ménage aux habitants.
« C’est incompréhensible que le gouverneur Olivier Nibitanga nous oblige à disposer de cahiers de ménage alors que nous avons des cartes d’identité », regrettent des habitants qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.
Pour d’autres sources, l’opération de ce mardi s’inscrit dans un contexte de vouloir « nous rançonner ».
« Les autorités ont introduit un nouveau cahier de ménage qui n’est vendu que par elles seulement. Elles veulent écouler leur stock ça se voit. Aujourd’hui, les policiers étaient tellement enragés qu’il y a une femme qui a été conduite au commissariat avec un nourrisson de moins d’une année », se désolent nos sources.
Origine du cahier de ménage
Le cahier de ménage a été introduit notamment dans la capitale économique Bujumbura après le coup d’État raté de mai 2015 contre feu président Pierre Nkurunziza. C’était dans le but de faire un contrôle des habitants des zones de l’opposition où se trouvaient des civils armés surtout. Petit à petit, ce contrôle est devenu un moyen d’exiger de l’argent aux familles, chaque responsable administratif à la base dans chaque quartier, taxant ce cahier comme il l’entend. D’autres s’en servant comme moyen de chantage pour accuser certains habitants de « loger des rebelles » dans le but de « les racketter ».
Pour éviter ce désordre, les autorités municipales ont exigé que l’argent destiné à l’achat du cahier de ménage transite par la banque.
Mais des citadins ont dit à SOS Médias Burundi que la pratique a repris. Le cahier de ménage dont le prix est de 3000 francs burundais est payé à la zone.
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Photo d’illustration : le commissariat provincial de la police à Rutana, DR
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