Rwanda : des réfugiés congolais Tutsis manifestent contre un probable génocide qui les vise en RDC
Ce sont les réfugiés du camp de Kiziba et Nkamira situés respectivement dans les districts de Karongi et Rubavu de la province de l’Ouest qui ont manifesté ce lundi. Ils dénoncent un « génocide » commis contre leurs compatriotes des tribus Tutsi, Banyamulenge, Hema à l’Est de la RDC, leur terre natale. (SOS Médias Burundi)
Ils avaient des pancartes sur lesquelles l’on pouvait lire : « la vie des Tutsis, des Banyamulenge et des Hema importe plus, où sont ces activistes des droits humains et organisations internationales face à ce génocide ? Comment l’Afrique du Sud peut soutenir l’Apartheid au Congo ? Le Burundi, la Tanzanie et le Malawi, cesser de soutenir la RDC dans son plan génocidaire,… ».
Au camp de Kiziba dans le district de Karongi à l’Ouest du Rwanda, ces réfugiés congolais sont sortis du camp et ont fait le tour des villages environnants comme l’a constaté un reporter de KigaliToday, un magazine rwandais.
« Nous voulons dénoncer ce génocide commis contre nos familles. Nous, nous avons eu la chance de nous exiler mais nous perdons chaque jour les membres de nos communautés restés au pays dans les provinces du Sud-Kivu et Nord-Kivu ainsi qu’en Ituri. Nous voulons attirer l’attention de la communauté internationale sur des crimes ignobles qui se commettent au vu et au su de tout le monde », a déclaré un de leurs leaders, en T-shirt noir avec des slogans anti-Tshisekedi.
Parmi ces réfugiés, il y en a ceux qui viennent de passer plus de 30 ans au Rwanda. « C’est dommage de voir un silence absolu durant trois décennies de tueries ciblées sous l’œil complaisant des Nations-Unies avec leur soi-disante mission au Congo (MONUSCO) », ont-ils déploré.
Au camp de Nkamira, un centre de transit installé dans le district de Rubavu, frontalier avec la RDC, certains des manifestants n’ont pas encore oublié le calvaire qu’ils ont très récemment enduré.
« Moi j’ai fui l’an dernier avec mes trois enfants alors que mon mari venait d’être tué à Masisi. On nous accuse de soutenir le M23. Dans notre village, on a perdu une dizaine d’hommes, tués sauvagement par les Wazalendo. Donc, nous considérons que c’est un génocide car nous sommes pourchassés du simple fait que nous sommes Tutsis », a confié une jeune femme à nos confrères de KigaliToday.
LIRE AUSSI :
Plus de 15.000 nouveaux réfugiés congolais sont passés par ce camp de transit depuis fin 2022, selon les chiffres du HCR.
Selon des informations données par leurs leaders, de telles manifestations dites pacifiques qui ont débuté ce 4 mars se poursuivront jusqu’au 11 mars 2024 et se dérouleront dans différents camps de réfugiés au Rwanda, tels que Mahama dans le district de Kirehe, Nyabiheke dans le district de Gatsibo ainsi que Kigeme et Mugombwa dans le district de Nyamagabe.
En juin dernier, de telles manifestations avaient déjà eu lieu dans ces mêmes camps de réfugiés.
A l’époque, les réfugiés congolais au Rwanda ont même porté leur cas devant différentes ambassades dans le pays, appelant la communauté internationale à comprendre leur situation critique et à agir face aux atrocités qui sont commises contre leurs compatriotes.
LIRE AUSSI :
Le Rwanda abrite plus de 86 mille réfugiés congolais, essentiellement en provenance de l’Est du vaste pays de l’Afrique centrale.
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Photo : des réfugiés congolais manifestent contre ce qu’ils qualifient de génocide perpétré contre les Tutsis, les Banyamulenge et les Hema au Congo, le 4 mars 2024, crédit photo : Kigali Today
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